Le don de 200 livres d'art à l'ALBA par l'Association des banques italiennes (ABI) dans le cadre de «Beyrouth, capitale mondiale du livre 2009» était l'occasion d'une conférence sur le thème «Le mécénat: communiquer avec l'art». Mécénat rime depuis toujours avec Italie. Le terme de «mécénat» vient du personnage Caius Cilinius Maecenas, protecteur des arts et des lettres dans la Rome antique, comme l'a rappelé en introduction Farès Sassine, professeur universitaire et modérateur du débat. Et le phénomène a connu son âge d'or avec la Renaissance italienne. La famille des Médicis, en particulier Laurent le Magnifique, a laissé une empreinte indélébile, en finançant et en prenant sous son aile des artistes comme Michel-Ange. Une tradition qui ne s'est jamais démentie depuis. «Environ 10000 livres d'art ont été édités par les banques italiennes. Il existe un rapport très spécifique en Italie entre le secteur des banques et celui de la culture, que nous voulons faire connaître en plus de notre patrimoine», a affirmé Guido Palamenghi-Crispi, responsable des relations culturelles de l'ABI.
Le mécénat au Liban, encore peu développé
Mais qu'est-ce précisément que le mécénat? Le terme désigne la promotion des arts et des lettres par des commandes ou des versements d'aides financières données par un mécène, qui peut être un particulier ou une entreprise. Lors de la table ronde, les différents interlocuteurs ont tenté de mieux cerner le concept. «Un don sans contrepartie attendue par l'auteur, ce qui distingue le mécénat du parrainage et du sponsoring», pour Farès Sassine. «Dans le mécénat, il existe tout de même un retour sur investissement en termes d'image et de reconnaissance, car il n'existe jamais d'acte gratuit, comme l'a souligné André Gide», a nuancé Ramsay Najjar, président de S2C. «Mais le mécénat élève cet investissement à un niveau supérieur et humaniste de la communication. C'est la forme la plus pure de la publicité. C'est l'argent pour l'art et non pas l'art pour l'argent», a-t-il ajouté.
Au Liban, le mécénat apparaît souvent comme une bouée de sauvetage, du fait de l'absence de crédits importants dans le secteur de la culture. «Le phénomène est encore peu structuré dans le pays et même dans le monde arabe, et repose surtout sur des individualités», a expliqué Raymond Audi, l'un des plus grands mécènes du pays. Le ministre des Déplacés a d'ailleurs rappelé qu'à l'origine, rien ne le destinait au mécénat. «C'était pendant la guerre, nous sommes allés vivre en Suisse, et j'ai découvert que l'on pouvait consacrer une partie des bénéfices de l'entreprise à l'acquisition de pièces d'art, tout en étant détaxé fiscalement. Peu à peu, j'ai pris goût aux collections d'art.» Au Moyen-Orient, le modèle de la communication commerciale reste celui qui domine encore largement. «Sur le plan corporatif, il n'existe pas encore d'engagement des entreprises arabes pour faire du mécénat un moyen de communication, comme en Europe ou aux États-Unis», a conclu Ramsay Najjar, en marge de la conférence.
T.A.


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