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Culture - Rencontre

« C’est le chant qui m’a choisie », confie la soprano Samar Salamé

Sa voix de cantatrice lyrique, jaillie des pages de Massenet, Verdi, Puccini, Donizetti, Bizet et Mozart, a empli avec enchantement l'espace de la grotte de Jeita et la Résidence des Pins. Faisant la navette entre Beyrouth et Paris où elle vit actuellement, Samar Salamé a plus d'une délicieuse surprise dans son parcours et sa voix...

Le regard espiègle et pétillant, petite brune piquante aux cheveux noirs d'ébène lisses noués en chignon, volubile et rieuse, Samar Salamé a donné, entre stalactite et stalagmite, dans le silence glacé d'un décor de dentelles de pierres et de rochers aux formes surréalistes, un concert «belcantiste» réussi, avec le baryton père Toufic Maatouk et le ténor André Abdelmassih, accompagnés au clavier par Olga Bolun.
Rencontre avec une jeune diva libanaise qui affronte avec aplomb, un grain de fantaisie et sans esprit conservateur les feux de la rampe, aussi bien dans la capitale libanaise qu'à l'étranger.
Si elle a une fervente admiration pour le style de Cathy Berberian, si elle affectionne la liberté du jazz et si elle rêve d'interpréter la Tosca, Pamina ou Dona Elvira, elle ne craint pas non plus de chanter, juchée sur une balançoire, dans la boîte de nuit Au Palais Maillot, à Paris, chapeautée, emplumée et délurée comme un oiseau sur une branche, des airs lyriques sur fond de rythmes endiablés, percussions d'enfer et vrombissements techno.
«Tout a commencé à seize ans lorsque j'ai voulu chanter, confie-t-elle. Tout simplement, chanter du rock. Et en fait, mon engouement était pour le Zombie des Crunberry... Alors on m'inscrit très sérieusement au Conservatoire national de musique et on m'instruit (allez savoir pourquoi) que je suis mezzo soprane. Mais parallèlement, j'avais entamé au départ des études (la liste de mes choix était longue; le droit, que j'ai vite abandonné, fut mon premier calvaire) d'audiovisuel à l'Iesav que j'ai menées à bon port. Quant à la voix, si j'avais des facilités pour les notes graves, j'ai dû travailler celles des aiguës... Alors tout le monde découvre que j'ai une voix. Et tout s'enclenche très vite, grâce à une connaissance qui se nomme Maria Grazia qui me met en contact à Naples avec le metteur en scène et compositeur Roberto De Simone qui m'intègre à sa troupe itinérante Media Aetas. Et c'est la tournée (une éblouissante tournée pour découvrir lumière et paysages de la péninsule) à travers toute l'Italie d'une troupe napolitaine pour représenter l'Opera buffa del Giodede Santa (Opera bouffe du jeudi saint) de De Simone qui a signé aussi (entre autres) La Gatta Cenerentola, une réinterprétation du conte de Cendrillon en dialecte napolitain. La seconde étape fut celle de Munich où l'on donne un Requiem à la mémoire de Pasolini que De Simone connaissait. Et puis je transite par Rome où je m'inscris à Santa Cecilia et j'obtiens, par ailleurs, un premier prix (Battistini) à Riete pour mon interprétation de Zerline dans Don Giovanni. J'ai travaillé aussi avec Ennio Moriccone pour toutes ses musiques de films montés en spectacles ainsi qu'une Semiramis de Rossini sur des extraits de Voltaire... Et à la Sala Nervi du Vatican, j'ai participé, en écharpe orange (pour que mes amis et ma famille me reconnaissent sur le petit écran), à l' Histoire de Padre Pio de Micaele Suozzo. Maintenant je réside à Paris où, sous la férule des professeurs (dont la basse Pali Marinoff), je continue la formation de ma voix. J'ai donné des concerts au Grand Palais, à la Conciergerie et contribué à une adaptation des Caprices de Marianne de Musset selon Ewan Lebé. Mes projets ? J'ai surtout envie de faire de la mise en scène. C'est le chant qui m'a choisie car je ne savais pas quoi faire de ma vie. Chanter pour moi, c'est surtout m'exprimer. Si je n'exprime pas ce que le texte lyrique dit, je n'ai pas de plaisir à chanter. Ce qui m'intéresse, ce sont surtout les mots mis en musique. »
Avec cette pétulance, cette ardeur et cette vitalité tonique qui enrobent ses mots comme un feu d'artifice, on la croit sur parole. Et on l'écoute religieusement cette sacrée diva (toujours entre deux éclats de rire) qui ne se prend guère pour une icône «callassienne» en herbe. Allez plutôt chercher du côté insaisissable, fouineur, décoiffant et imprévisible de Julia Migenes Johnson...
Le regard espiègle et pétillant, petite brune piquante aux cheveux noirs d'ébène lisses noués en chignon, volubile et rieuse, Samar Salamé a donné, entre stalactite et stalagmite, dans le silence glacé d'un décor de dentelles de pierres et de rochers aux formes surréalistes, un concert «belcantiste» réussi, avec le baryton père Toufic Maatouk et le ténor André Abdelmassih, accompagnés au clavier par Olga Bolun.Rencontre avec une jeune diva libanaise qui affronte avec aplomb, un grain de fantaisie et sans esprit conservateur les feux de la rampe, aussi bien dans la capitale libanaise qu'à l'étranger. Si elle a une fervente admiration pour le style de Cathy Berberian, si elle affectionne la liberté du...
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