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Liban

Quelle stratégie de défense après le dernier discours de Nasrallah ?

Le dernier discours du secrétaire général du Hezbollah, prononcé à l'occasion de « la Journée du martyr », a suscité de nombreux commentaires et constitué une matière de réflexion dans les ambassades occidentales. Il est vrai que Hassan Nasrallah avait soigneusement structuré son allocution, dans le but de montrer que le Liban entre dans une nouvelle ère d'harmonie qui, toutefois, ne remet pas en cause les options du Hezbollah.
La plus grande partie de ce discours a été ainsi consacrée à des questions de stratégie, et notamment au conflit israélo-arabe. Le secrétaire général du parti a ainsi, pour la première fois, ouvertement annoncé que son parti n'accorde aucune crédibilité au président américain Barack Obama, affirmant que ses beaux discours, notamment au Caire, se sont avérés fumeux et qu'en réalité, cette administration est encore plus impliquée aux côtés d'Israël que ne l'était celle de George Bush. Nasrallah a ainsi surtout voulu fermer la porte à tous ceux qui gardent encore quelques illusions sur une modification de la politique américaine à l'égard de la région et qui font encore le pari d'une possible relance du processus de paix avec Israël. Il a ainsi rejeté toute idée de nouvelles concessions arabes à Israël, s'étendant longuement sur les 18 années de négociations stériles qui n'ont toujours pas permis de dessiner les contours d'un État palestinien viable, établissant un parallèle entre ces 18 années de négociations et les 18 années d'action de la résistance du Hezbollah au Sud qui ont abouti de 1982 à 2000 au retrait des troupes israéliennes de la plus grande partie du territoire libanais qu'elles occupaient.
Nasrallah a dans la même foulée appelé à un resserrement des rangs arabes et entre les pays arabes et l'Iran, estimant qu'ils devraient tous s'unir autour de la cause palestinienne et contre le projet américano-israélien. Il a ainsi défini la stratégie de son parti pour la période à venir, excluant toute possibilité de négociation avec Israël. À la veille de la relance de la table de dialogue à Baabda, chargée d'étudier une stratégie de défense pour le Liban, Nasrallah a bel et bien réaffirmé qu'il ne sera pas question de désarmer la résistance et que celle-ci devrait se prolonger jusqu'à la libération totale du dernier pouce de territoire libanais encore occupé. Même s'il ne l'a pas clairement dit, il a aussi inscrit la stratégie du parti dans un ensemble global régional hostile à ce qu'il considère comme le plan américano-israélien destiné à spolier les Arabes de leurs droits.
Face à une position aussi tranchée, on voit mal comment la table de dialogue pourrait effectivement aboutir à un processus de désarmement du Hezbollah. Au contraire, de plus en plus de personnalités politiques considèrent que cette table ressemble plus à un exutoire destiné à sauver la face au camp qui a axé sa campagne électorale sur le désarmement du Hezbollah qu'à un véritable dialogue national en profondeur chargé d'adopter des décisions radicales. L'idée de laisser « les dossiers conflictuels » à la table de dialogue, pour « laisser le gouvernement travailler dans l'harmonie et la cohésion », est d'ailleurs un indice de la volonté générale de ne pas créer de vagues et de permettre aux « voix discordantes » de s'exprimer sans avoir une influence directe sur le cours des événements.
Par contre, en évoquant le fléau de la drogue en concomitance avec une campagne menée dans la banlieue sud pour l'application de la loi sous le slogan « Le respect de l'ordre fait partie de la foi », Nasrallah a voulu montrer qu'il est au courant des problèmes des gens et en même temps qu'il appelle l'État à assumer ses responsabilités dans le fief du Hezbollah. C'est en quelque sorte un aveu de confiance envers l'État et un constat d'impuissance pour son parti. Mais cette confiance n'aurait pas été possible avant le changement régional et international qui a renforcé la position du Hezbollah (et de l'opposition en général) sur le plan interne.
Celui-ci peut bien décider d'aider un État qui ne remet pas en cause sa propre puissance... Mais qu'adviendra-t-il de ces bonnes dispositions si le climat régional et plus particulièrement les relations syro-saoudiennes connaissaient une nouvelle vague de froid et de tensions ? Même si rien n'indique qu'une telle possibilité soit probable dans un proche avenir, ce qui est certain, c'est qu'au Liban, les problèmes de fond ne sont jamais résolus. Ils se tassent ou se radicalisent selon le climat régional qui continue de conditionner les rapports de force internes.
Le dernier discours du secrétaire général du Hezbollah, prononcé à l'occasion de « la Journée du martyr », a suscité de nombreux commentaires et constitué une matière de réflexion dans les ambassades occidentales. Il est vrai que Hassan Nasrallah avait soigneusement structuré son allocution, dans le but de montrer que le Liban entre dans une nouvelle ère d'harmonie qui, toutefois, ne remet pas en cause les options du Hezbollah. La plus grande partie de ce discours a été ainsi consacrée à des questions de stratégie, et notamment au conflit israélo-arabe. Le secrétaire général du parti a ainsi, pour la première fois, ouvertement annoncé que son parti n'accorde...
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