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Nos lecteurs ont la parole

Faut-il imiter la Syrie… pour avoir la paix ?

David C. CORM
Tout porte à croire qu'Israël va encore, et pour la énième fois, attaquer le Liban, et cette fois-ci, l'issue de cette nouvelle agression sera plus désastreuse que jamais et n'aura rien de « divin ».  
Comment concilier le désir du peuple libanais de vivre en paix, de s'épanouir et prospérer avec l'option purement militaire du Hezbollah pour qui la Résistance et la guerre contre Israël sont un « devoir religieux » comme l'ont proclamé publiquement Ahmadinejad à Téhéran et Hassan Nassrallah à Beyrouth ? Même si en fin de compte cette stratégie menait à l'apocalypse, qui oserait s'y opposer puisqu'il s'agit d'un ordre « divin » ?
La guerre ne sert à rien ; elle ne sert qu'à tuer et, au lieu de résoudre les problèmes, elle ne fait que les compliquer. Sur le plan humain et humanitaire, la guerre est sans conteste une calamiteuse défaite.
Comment concilier le souci des présidents libanais et syrien de parvenir à une paix globale avec ce diktat religieux du Hezbollah ?  Israël multiplie les menaces et prendra prétexte des violations de la résolution 1701 qui se succèdent sur le territoire libanais :  deux dépôts d'armes du Hezbollah qui explosent en deux mois dans la zone supposée démilitarisée et sous contrôle de la Finul, ainsi qu'un navire bourré d'armes iraniennes arraisonné cette semaine près de Chypre.  
Depuis plus de deux ans, le président syrien Bachar el-Assad ne cesse de déclarer vouloir signer un traité de paix avec Israël par l'intermédiaire des Turcs au départ et de préférence avec le parrainage des États-Unis depuis l'arrivée d'Obama au pouvoir.  Pourtant, depuis l'occupation du Golan, une paix de facto règne entre Israël et la Syrie.  Jamais un seul coup de feu n'a été tiré en 30 ans ni d'un côté ni de l'autre. Pourquoi ?  Parce que la décision de guerre ou de paix revient à l'État syrien uniquement et la « résistance » est interdite en Syrie.  Par contre, la Syrie soutient la Résistance au Liban et, depuis l'évacuation du Liban-Sud par Israël en 2000, elle n'a pas cessé de convoyer un effrayant arsenal iranien au Hezbollah...  pour libérer les fermes de Chebaa dont elle-même ne reconnaît pas la libanité !
Tout comme l'OLP il y a trente ans, le tout-puissant Hezbollah aujourd'hui ne cesse de se vanter de son arsenal décuplé pour narguer, menacer et parfois, comme en 2006,  provoquer Israël, qui en a toujours pris prétexte « pour se défendre »  en dévastant le pauvre Liban présenté comme l'agresseur.  Rien de tout cela en Syrie - et encore moins en Égypte ou en Jordanie.
Les prosyriens au Liban sont très nombreux et très efficaces lorsqu'il s'agit d'en bloquer le système démocratique chancelant : sceller le Parlement pendant deux ans, empêcher l'élection d'un président de la République pendant un an ou compliquer indéfiniment la formation d'un cabinet. Rien de tout cela en Syrie, où un seul parti gouverne le pays depuis plus de quatre décennies.  
Faudrait-il pour autant imiter le « modèle syrien » pour avoir la paix ? Avec les prosyriens libanais, dans un élan d'unité nationale, on commencerait par interdire tous les partis pour n'en garder qu'un seul, comme le Baas en Syrie. On donnerait par exemple le pouvoir aux représentants d'une minorité, comme les alaouites en Syrie. On interdirait tous les journaux et toutes les chaînes de télévision pour n'en garder que celles qui obéissent au pouvoir en place. On mettrait en prison tous les dissidents libanais habitués à user et abuser des libertés que leur offrait le régime libéral pratiqué jusque-là.  On interdirait toute résistance militaire comme pour le Golan occupé et on négocierait un traité de paix avec l'ennemi israélien, tout comme la Syrie, avec l'assistance de George Mitchell qui est, après tout, de mère libanaise...
C'est pour avoir énoncé ces particularités pourtant bien évidentes du régime syrien en place que Samir Kassir a payé de sa vie.  
Est-ce le seul moyen de préserver le Liban de la destruction et des guerres à répétition pour enfin vivre en paix, comme les Syriens, mais aussi comme les Égyptiens et les Jordaniens qui sont également limitrophes d'Israël ? Mais à quel inacceptable prix ! Ce serait la fin de la démocratie au Liban, des libertés et des droits de l'homme.
La méthode intelligente, qui correspond à la soif de liberté du Libanais, pour obtenir enfin la paix tout en rassurant nos voisins serait de réclamer un statut de neutralité pour le petit pays aux 18 minorités religieuses reconnues. Nous demanderions aux cinq pays membres du Conseil de sécurité et aux pays de la Ligue arabe, à nos voisins tout spécialement, de garantir cette neutralité, qui serait autant dans leur intérêt que celui du Liban.  Nous serons « sanctuarisés » ; nous n'aurons plus d'ennemis, ne serons plus jamais menacés, mais nous serons les amis de tous les pays voisins ou lointains dans ce petit paradis paisible et prospère que pourrait devenir le Liban.  
Le Liban a déjà tellement souffert qu'il mérite d'être enfin protégé.  Mais pour pouvoir vivre en paix, il faut le vouloir et cesser de subir ce qui est contraire à l'intérêt national.

David C. CORM
Tout porte à croire qu'Israël va encore, et pour la énième fois, attaquer le Liban, et cette fois-ci, l'issue de cette nouvelle agression sera plus désastreuse que jamais et n'aura rien de « divin ».  Comment concilier le désir du peuple libanais de vivre en paix, de s'épanouir et prospérer avec l'option purement militaire du Hezbollah pour qui la Résistance et la guerre contre Israël sont un « devoir religieux » comme l'ont proclamé publiquement Ahmadinejad à Téhéran et Hassan Nassrallah à Beyrouth ? Même si en fin de compte cette stratégie menait à l'apocalypse, qui oserait s'y opposer puisqu'il s'agit d'un ordre « divin » ?La guerre ne...
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