Tout se passe en une nuit : deux marginaux, jetés dans des circonstances difficiles, vont réussir à vivre le véritable bonheur, sans fards et sans ambiguïté. « Cette pièce, dit Maria Bakhos, metteur en scène de Mann Hounak ?, s'adresse à tout le monde, en essayant de rendre hommage à l'amour, à l'amitié et aux relations humaines désintéressées ».
Après un cursus de théâtre poursuivi dans différentes universités libanaises, Maria Bakhos achève sa thèse à l'USEK avec comme maître Talal Darijani. Par la suite, la jeune artiste partage son temps entre une carrière d'actrice, les émissions télévisées et l'enseignement. Elle est même assistante à la mise en scène pour Darijani dans Le rêve d'un homme ridicule de Dostoïevski. En se tournant actuellement vers la mise en scène, elle se sent prête à franchir le grand pas. Appuyée par cette association d'artistes dont elle fait partie et baptisée « Théâtre autre », elle veut rendre le langage théâtral à la portée de tous. Son travail s'articulera sur la méthode de Constantine Stanislavski et de Vsévolod Meyerhold, qui se concentrent respectivement sur le rôle de l'acteur, car celui-ci est le cœur du spectacle, selon Bakhos, et sur un espace épuré chargé d'un sens fonctionnel, symbolique et stylisé. Pourquoi son choix s'est-il porté spécialement sur cette pièce ? « Il y a une humanité qui se dégage du texte de Saroyan que je tenais à illustrer, précise-t-elle. Cette recherche du bonheur et de l'amour, par le biais de parias de la vie, m'a fascinée et c'était un défi pour moi de pouvoir mettre visuellement ce que l'auteur avait décrit par des mots. »
En se servant de sa culture, de ses propres sensibilité et expérience, et aidée par la musique de Houtaf Khoury, Maria Bakhos tente d'être le plus possible authentique au texte de Saroyan. « J'ai trop de respect pour la littérature pour écrire moi-même. Ce sera plus tard. Je me devais de prendre pour support un grand texte de Houtaf Khoury, un grand compositeur. J'ai choisi une symphonie de lui. » Et d'ajouter : « Lorsqu'on choisit un texte, on en est responsable, il ne faut pas le déformer mais savoir pénétrer entre les lignes. Le théâtre est un art très difficile, avoue-t-elle, car le visuel doit dévoiler la signification et la portée des mots. » Des mots que Maria Backhos tentera de livrer à son public avec générosité, mais aussi avec fierté.


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