Gwenaëlle Aubry .
Gwenaëlle Aubry a été récompensée au 2e tour avec sept voix sur douze, Brigitte Giraud pour Une année étrangère (Stock) et Yannick Haenel pour Jan Karski (Gallimard) ayant également obtenu des voix, a indiqué le jury.
Le Femina du roman étranger est revenu à l'écrivain suisse de langue allemande Matthias Zschokke pour Maurice à la poule (Zoé), avec neuf voix sur douze, également au deuxième tour, et le Femina de l'essai à Michèle Perrot pour Histoire de chambres (Seuil), par sept voix sur douze au deuxième tour.
Philosophe de formation, Gwenaëlle Aubry, 38 ans, est l'auteure de plusieurs romans et récits, dont Le diable détacheur (1999), L'isolée (2002) et Notre vie s'use en transfigurations (2007).
À la fois roman et récit familial, Personne est le portrait du père psychotique de la romancière, un homme qui n'a « jamais fait bloc avec lui-même ». À sa mort, Gwenaëlle Aubry a découvert un manuscrit dans lequel son père, autrefois brillant juriste, racontait sa maladie. À partir de ce matériel brut, elle a écrit un livre en forme d'alphabet, de A comme Antonin Artaud à Z comme Zelig.
«Je reçois ce prix comme une double reconnaissance, à la fois de mon travail d'écrivain et du texte de mon père dont je suis partie », a-t-elle souligné après l'annonce du prix : «Le mouvement d'écriture a été très libérateur et curieusement euphorisant. Je n'ai pas du tout écrit ce livre dans la douleur ou dans le deuil. Il y avait quelque chose de fondamentalement vivant à accompagner, à partir du manuscrit qui m'a été légué par mon père. »
Membre du jury, la romancière Benoîte Groult a soutenu «ce livre exceptionnel dès le début ». « Le livre parle de la folie, pas d'une manière psychanalytique, mais familière et affectueuse », a-t-elle déclaré à l'AFP.
Récompensé pour Maurice à la poule, le Suisse Matthias Zschokke expliquait en s'amusant que son livre ne raconte « rien ». « Il n'y a pas d'intrigue, c'est parfois drôle, philosophique, intelligent, bête, j'espère toujours plein de surprises», a-t-il souligné, exprimant son émotion d'être récompensé « le jour anniversaire de la chute du mur » de Berlin.
Le Femina de l'essai a été attribué à Michèle Perrot pour Histoire de chambres (Seuil), étude historique sur un espace clos, la chambre à coucher, théâtre des joies et des
souffrances.
À Rennes, le 22e prix Goncourt des lycéens est revenu à Jean-Michel Guenassia pour son premier roman, Le club des incorrigibles optimistes (Albin Michel), portrait d'une génération à l'heure de la guerre froide.
La quinzaine des prix littéraires s'achèvera le 18 novembre avec l'attribution du prix Interallié.


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