Ce n'est pas l'archéologie qui nous apprend cela. Cette substitution de civilisations n'est pas révélée par des fouilles où des strates successives des civilisations qui s'étendaient sur des milliers d'années au gré de catastrophes naturelles ou des disparitions de peuples. Non, ce sont des événements que l'on vit actuellement et qui dévoilent le déracinement d'un peuple de la terre de ses ancêtres dans l'une des plus grandes injustices humaines de tous les temps.
Cette injustice a engendré des frustrations qui ont généré à leur tour des guerres et du terrorisme. L'on a ouvert la boîte de Pandore, avec des conséquences encore imprévisibles. On a créé un problème de toutes pièces et on en subit les retombées tous les jours, y compris au Liban où notre destinée lui est liée depuis plus de soixante ans.
Une grave erreur a été commise en créant ce problème. Bon, maintenant, c'est fait, mais au lieu de le résoudre en rendant en partie justice aux personnes gravement lésées par cette erreur, les États-Unis continuent à mettre des gants en traitant ce problème. Pour la construction des colonies juives qui risque de donner le coup de grâce à « la Palestine » ou si l'on veut à l'État palestinien, puisque la Palestine a existé et existera toujours, l'administration américaine n'a jamais pénalisé Israël (sauf sous le président George Bush père pour une période très brève). Comment voulez-vous que les Palestiniens et le monde croient aux protestations timides des Américains surtout que les actes pour arrêter la colonisation ne suivent pas les paroles ? Par ailleurs est-ce que les Américains se soucient des Palestiniens déracinés qui se trouvent un peu partout, alors qu'ils représentent la clé de la solution ? Ce qui est tout aussi frustrant, c'est que la politique qu'appliquent les États-Unis dans cette région du monde est taillée sur mesure et conditionnée par les desiderata d'Israël. Des desiderata dictés par les versets de la Bible qui n'ont rien à voir avec le monde actuel, façonné par des millénaires d'histoire, et que l'on s'efforce de gommer artificiellement et par la force.
Les États-Unis, et l'Occident avec eux, savent très bien que la solution du problème de la Palestine atténuera progressivement et durablement les frustrations nées de l'injustice et de la politique des « deux poids, deux mesures ». Cependant, les États-Unis et l'Occident persistent dans l'erreur de croire que la politique de la raison avec « les enfants d'Isaac » est efficace et qu'a contrario, la politique de la force est la seule possible avec « les enfants d'Ismaël ». Jusqu'au jour où le monde éclatera irrémédiablement à cause de ce problème, et là, les larmes ne serviront plus à rien.
« Errare humanum est, perseverare diabolicum », disait déjà Sénèque le Jeune.


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef