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Nos lecteurs ont la parole

… Et à Dieu ce qui est à Dieu

Par Pierre AOUN
Dans cette sombre période de l'histoire des chrétiens d'Orient en général et des maronites encore résidant au Liban en particulier, moi, simple citoyen libanais, je ne peux me résoudre à me taire.  À me taire et attendre. Attendre que le combat entre les modernes et les anciens nous enfonce davantage dans des combats fratricides desquels nous ne pourrions plus jamais sortir. Il est indéniable que les chrétiens du Liban traversent une crise existentielle très profonde. Et l'Église maronite n'échappe pas à cette crise. Les causes ne peuvent se résumer uniquement à la guerre.
Il y a presque un siècle déjà que le clergé maronite n'a plus le rôle social et politique qu'il exerçait du temps des Ottomans. Durant des siècles et en l'absence de tout leadership laïque, ce clergé dans son ensemble a toujours été la référence des maronites.
Qu'en est-il au XXIe siècle ?  
Loin de s'en tenir à sa mission spirituelle, religieuse et missionnaire, tentant de regrouper son troupeau autour de la seule mission que le Christ lui a demandée, nous voyons aujourd'hui l'Église s'en tenir à une mission pastorale totalement dépassée.
De ce fait, constate le père Samya, « l'ignorance religieuse de la masse n'a d'égale que celle de l'élite ou soit-disant telle », et sa pratique se résume uniquement à un rite plutôt social que profondément religieux.
Les fléaux sociaux (amoralisme, culte de l'argent, recours a la violence, insensibilité toujours croissante aux malheurs d'autrui, sentiment de détresse) qui ont accompagné la guerre civile n'ont malheureusement trouvé aucune solution auprès du clergé.
Que l'Église maronite tente aujourd'hui de renoncer à revenir au passé, de s'en tenir uniquement au rôle que le Christ et, avec Lui, ses successeurs lui demandent, et je suis certain que ce qui reste de maronites au Liban sauront trouver leur chef temporel pour les guider et les sauver du nihilisme.
Qu'elle renoue avec sa véritable mission spirituelle, sans aucune fonction d'autorité temporelle, et ce serait à ce moment que son immense expérience, son histoire intimement liée à l'islam et sa profonde expérience arabe nous aideraient à trouver notre salut et sauveraient le Liban.
Dans cette sombre période de l'histoire des chrétiens d'Orient en général et des maronites encore résidant au Liban en particulier, moi, simple citoyen libanais, je ne peux me résoudre à me taire.  À me taire et attendre. Attendre que le combat entre les modernes et les anciens nous enfonce davantage dans des combats fratricides desquels nous ne pourrions plus jamais sortir. Il est indéniable que les chrétiens du Liban traversent une crise existentielle très profonde. Et l'Église maronite n'échappe pas à cette crise. Les causes ne peuvent se résumer uniquement à la guerre. Il y a presque un siècle déjà que le clergé maronite n'a plus le rôle social et politique qu'il exerçait du...
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