Le Quai d'Orsay a officiellement réagi hier à la saisie par la marine de guerre israélienne d'un cargo près de Chypre et de sa cargaison d'armes prétendument destinée au Hezbollah.
Au cours de son point de presse bihebdomadaire, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères et européennes, M. Bernard Valéro, a estimé qu'il revenait au comité des sanctions des Nations unies (créé en vertu de la résolution 1737 du Conseil de sécurité) de se prononcer sur cet incident. Le porte-parole a donc soigneusement évité de se prononcer sur la légalité de l'arraisonnement du cargo qui se dirigeait vers le port syrien de Tartous.
« Je n'ai rien à dire à ce sujet, a poursuivi M. Valéro, car nous sommes là devant une situation qui relève du droit international. »
En réponse à une question sur la passivité des unités de la patrouille maritime de la Finul face à cette opération de détournement du cargo en haute mer et de la saisie de sa cargaison, le porte-
parole a ajouté : « S'agissant de la légalité de cette intervention, ce n'est pas à nous de le dire car nous ne sommes pas chargés de dicter la légalité internationale. »
Prié de dire s'il ne s'agit pas là d'une violation de la résolution 1701, M. Valéro a répondu : « Ce n'est pas à moi de le dire car c'est au comité des sanctions du Conseil de sécurité de se prononcer puisque c'est lui qui vote les résolutions, c'est lui aussi qui doit déterminer s'il y a ou non violation. À ma connaissance, il n'y a pas eu de débat à New York sur ce point-là. »
Sur le plan opérationnel
« Sur le plan opérationnel, a poursuivi M. Valéro, je ne sais pas s'il y avait des unités de la Finul sur place au moment de l'incident. Il appartient donc à l'ONU, à New York, de se prononcer et il faut interroger les États souverains concernés car ils auraient peut-être des choses à dire à ce sujet. »
Il a encore dit : « Sur le point précis de l'usage des espaces maritimes, lorsqu'il y a des violations, il faut qu'il y ait d'abord une dénonciation. Ce n'est pas à nous de dire qu'il y a telle ou telle violation, et il faut qu'il y ait une dénonciation auprès des Nations unies. »
Au sujet d'éventuelles conséquences négatives d'un tel incident sur le cours des événements dans la région, le chef de la communication du Quai d'Orsay a estimé qu'il y a effectivement des craintes de répétition de scénarios qui s'étaient déroulés dans le passé. Il faisait ainsi allusion à l'incident du cargo Carina qui avait été saisi au large du Liban en 2002 et qui avait été suivi d'une opération israélienne de grande envergure.

