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CD, DVD - Un Peu Plus De...

Blues d’automne

Comme il y a le ménage du printemps, il y a le spleen automnal. Cette espèce de « 3ab2a » gagne tout un tas de gens dès lors que les mois d'octobre et de novembre apparaissent sur le calendrier. Cette entre saison, ni vraiment chaude, ni totalement froide, a le don de déstabiliser tout le monde. On a le blues. Une boule dans l'estomac. On se sent tour à tour épuisé, énergique et à nouveau esquinté. On n'a envie de rien ou de pas grand-chose. On traîne la patte. On laisse la pluie fouetter notre visage et le soleil nous donner chaud. On appréhende l'hiver. La neige. Noël. On angoisse. On pleure. On déprime. Et on râle. Qu'est-ce qu'on râle. On se plaint de tout : de la pluie qu'on attendait impatiemment, du soleil qui revient trop fort, des réveils matinaux, du changement d'heure, des dîners en cours de semaine, des soirées déguisées. Et du fait que tout le monde a la crève. Grippe froide, trachéite, angine, nez qui coule, sueurs insupportables, migraines, gastro... bref, tout le toutim quoi. À ce stade-là, on ne râle plus, on gémit. C'est l'automne. Ça se voit sur les visages défraîchis de nos voisins, qui ont troqué leurs sacs de plage contre leur parapluie à carreaux. Leurs Havainas contre des bottes de pluie de couleur, et leur crème solaire contre une poudre teintée bonne mine. Ça se voit sur les têtes des enfants mal réveillés le matin, le cartable lourd tombant sur les épaules. Ça se voit dans les rues couvertes de feuilles mortes, l'eau qui ruisselle dans les caniveaux pas encore débouchés. Ça se voit car le ciel tumultueux est d'un gris sublime. C'est l'automne et il faudrait savoir en profiter. Parce que nous sommes bien obligés de faire un effort afin de ne pas nous laisser bouffer par cette anxiété terrifiante. Profiter de ces jours de pluie où l'on ne culpabilise pas de rester chez soi. C'est ce qui est extraordinaire avec un temps pluvieux. On peut traîner en survêtement toute la journée sans le moindre remords de ne pas avoir sorti les enfants. On peut se lover sous la couette, seul ou accompagné, et traîner toute la journée. Et puis, la glande ça a du bon. Plus de plage à égrener et pas de pistes enneigées encore. Pas de prise de tête quand le week-end arrive. Plus de seaux et de pelles à porter, pas de sacs à ranger, de skis à poser sur le toit de la voiture. On est en plein art du rien foutre. On peut dormir les samedis et dimanches matin. Faire la grasse matinée. Les après-midi aussi, on ne fout rien. On regarde tout et n'importe quoi à la télé en zappant d'une chaîne à l'autre. On dessine des fleurs, des maisons en un trait pendant qu'on perd son temps au téléphone. On revoit E.T. avec son fils. On mange du Nutella à la cuillère et sans complexe, il n'y a plus de maillot à mettre. On fait une partie de Risk, de Taboo, de Trivial Pursuit ou de poker. Les soirs également, où ne se bousculent plus les soirées et autres finger food partys, on n'a pas grand-chose à faire. Si ce n'est d'aller au cinéma. Ou aller boire un verre derrière une porte verte. Timing parfait pour voir les dernières saisons des séries télévisées du moment. Timing parfait pour revoir un Bunuel, un Tarantino, Mort à Venise ou Les liaisons dangereuses - celui avec John Malkovitch, bien sûr. Quoique la version avec la Moreau... En automne fais ce qui te plaît. Fais tout et n'importe quoi. Personne ne te voit. Et c'est tant mieux. Ça a du bon de se cacher un peu. De ne plus être la proie des dires. De ne plus s'exposer bon/mal gré. Chacun fait c'qui lui plaît et personne ne le sait. C'est comme si les feuilles mortes protégeaient du mauvais vent. C'est beau les feuilles mortes, les arbres qui se dénudent, les rues qui se vident. Avant le grand rush. Avant décembre. Avant les fêtes. Le calme avant la tempête. Finalement, cette entre saison, cette entre-deux où tout se mêle avec harmonie, est une sorte de zone tampon qui amorce la saison suivante. La rude et dure période de Noël. Alors, profitons de l'automne, de ses couleurs chaudes orangées et rouges. De ses lentes journées, de ses longues nuits où rien n'est impossible. Profitons...

Comme il y a le ménage du printemps, il y a le spleen automnal. Cette espèce de « 3ab2a » gagne tout un tas de gens dès lors que les mois d'octobre et de novembre apparaissent sur le calendrier. Cette entre saison, ni vraiment chaude, ni totalement froide, a le don de déstabiliser tout le monde. On a le blues. Une boule dans l'estomac. On se sent tour à tour épuisé, énergique et à nouveau esquinté. On n'a envie de rien ou de pas grand-chose. On traîne la patte. On laisse la pluie fouetter notre visage et le soleil nous donner chaud. On appréhende l'hiver. La neige. Noël. On angoisse. On pleure. On déprime. Et on râle. Qu'est-ce qu'on râle. On se plaint de tout : de la pluie qu'on attendait impatiemment, du...
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