Mais ses portraits ont gagné une carnation nouvelle. Des célèbres évanescentes - ces femmes fantomatiques, ces madones, aux regards ombrés et aux lèvres rouge sang qui ont longtemps signé la facture de son travail - Georges Bassil a gardé, dans ses portraits féminins, la grâce, le voile de mystère qui nimbe les visages et les regards, tout en leur octroyant une présence plus évidente. Un corps. Représenté, tantôt en classique nu de dos, tantôt par des portraits sans buste ni tête, comme ces si poétiques jambes de ballerine en tutu, ou ces singulières jambes en jupes courtes, le corps fait une incursion nouvelle dans l'univers éthéré de Bassil. Le corps masculin est, quant à lui, peint avec un mélange de puissance et d'esthétisme pudique.
Sa palette a elle aussi glissé du noir, rouge et blanc tranchés vers des noirs bleutés, verdoyants ou rougeoyants, des rouges nuancés entre carmin et grenat et des blancs à effet feuilleté.
À coup de superpositions de touches de pinceau, qui laissent transparaître des coulis de peinture, Georges Bassil place sur des fonds, faussement noirs ou extrêmement blancs, de grandes dimensions (200 x 130 cm), ses personnages délicats. Et ambigus. Entre présence et irréalité, sensualité et pudeur, gravité et légèreté, romantisme et modernité... Une assemblée de solitaires nimbés d'une atmosphère silencieuse et intemporelle.
À découvrir, jusqu'au 14 novembre.
* Saifi Village, rue Saïd Akl. Horaires d'ouverture : du lundi au vendredi, de 10h00 à 13h30 et de 15h30 à 18h00. Samedi de 10h00 à 13h30. Tél. : 01/972238.


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