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Liban - Patrimoine

Checchia : « Le Liban, laboratoire d’un Proche-Orient possible »


« Comme l'a dit le ministre italien des Affaires étrangères, Franco Frattini, dans un article écrit conjointement avec son homologue français, Bernard Kouchner, et paru le 24 février dans L'Orient-Le Jour, le Liban a une place particulière en Italie : celle du cœur », a souligné l'ambassadeur Gabriele Checchia.
« Votre histoire est la nôtre ; en vous aidant à préserver le patrimoine archéologique, c'est une partie de notre mémoire commune que nous sauvegardons. Nous avons eu le privilège, tant au Liban qu'en Italie, de bénéficier de l'immense héritage légué par nos ancêtres, et il est de notre devoir de le transmettre aux générations futures », a dit l'ambassadeur Gabriele Checchia. Aussi, le domaine archéologique est-il une des expressions des activités italiennes au Liban. En partenariat avec la Banque mondiale et la France, l'Italie cofinance, à hauteur d'un prêt soft de 10,2 millions d'euros et d'un don de 570 000 euros, le projet CHUD (Culture Heritage and Urban Development). Ce programme d'un montant global d'environ 70 millions d'euros, vise à développer le potentiel archéologique et touristique de cinq sites historiques : Baalbeck, Tyr, Saïda, Byblos et Tripoli.
Sur fond de relations séculaires, le Liban occupe dans la politique étrangère italienne une place particulière, et sa stabilité est parmi les préoccupations de Rome, qui n'a eu de cesse de l'aider à sortir de l'impasse politique dans laquelle il est plongé. L'ambassadeur italien rappelle que les troupes de son pays ont opéré dans le cadre de la force multinationale de sécurité, au Sud en 1978 ; à Beyrouth en 1982 ; puis en 2006, après le vote de la résolution 1701 au Conseil de sécurité de l'ONU, l'Italie a marqué son implication dans le dossier libanais en envoyant le plus large contingent au sein de la Finul renforcée. L'engagement de l'Italie aux côtés du Liban domine le discours de Gabriele Checchia qui saisit l'occasion de cet entretient pour rappeler que les deux pays partagent une amitié datant de la millénaire route de la soie, de la visite de l'émir Fakhreddine en Toscane et de l'implantation du Collège maronite à Rome au XVIIe siècle... Une amitié qui a mûri au fil du temps, comme en témoignent les nombreux accords de coopération sur les plans économique et culturel. « Depuis toujours, les liens entre les Libanais et l'Europe sont très forts. Nous sommes deux peuples issus de la même culture méditerranéenne, qui partageons les mêmes valeurs de liberté et de démocratie. Une démocratie qui n'est pas forcément la règle dans cette partie du monde. Le Liban offre donc un modèle de coexistence, de démocratie et de tolérance dont la région a besoin. Il est le laboratoire d'un Moyen-Orient possible ou d'un Proche-Orient que nous souhaiterions », a souligné l'ambassadeur, ajoutant que le gouvernement italien poursuivra son action pour soutenir « le Liban message » dont parlait le Saint-Père Jean-Paul II. « C'est ce Liban, État viable, fort et démocratique, que nous souhaitons consolider », a réaffirmé l'ambassadeur Checchia, insistant sur le fait que « la composante chrétienne au sein de l'échiquier revêt une importance spéciale et ne peut laisser l'Europe insensible »...
Le Liban, en effet, compte parmi les premiers pays bénéficiaires de l'aide italienne, et les projets financés et exécutés par le biais des ONG, des agences des Nations unies et du gouvernement libanais « n'ont cessé de croître depuis 2006. Ils portent sur des services sociaux et éducatifs, l'environnement et le patrimoine. Toutefois, le secteur agricole et le développement rural restent pour nous prioritaires », révèle de son côté Fabio Melloni, directeur du bureau de la coopération au développement.
Quant à l'expert Aloisio Sciortino, il explique que dans le cadre du projet CHUD, l'Italie participe aux travaux « de récupération, de consolidation, de valorisation et d'aménagement des sites archéologiques de Baalbeck et Tyr. Nous sommes aussi impliqués dans la construction des cafétérias et des pièces destinées à la billetterie et au gardiennage, ainsi que dans l'organisation de circuits thématiques et l'installation de panneaux signalétiques. Notre objectif vise aussi à promouvoir les activités culturelles, les métiers traditionnels et les services relatifs au patrimoine et au tourisme », ajoute Sciortino, soulignant que pour marquer ses buts à long terme - créer du travail, éradiquer la pauvreté et la stagnation économique -, le programme CHUD met l'accent sur la synergie culture/économie.
Toujours dans le cadre de ces mêmes activités, l'Italie a financé à Tripoli la restauration d'un moulin ottoman qui sera réaménagé en musée ; la réhabilitation de certains bâtiments historiques adjacents aux ruines de Baalbeck ; la consolidation de Khan Ichli et la réhabilitation du Château de Terre, à Saïda. Et une enveloppe importante a été débloquée pour une assistance technique à la Direction générale de l'urbanisme.
« Comme l'a dit le ministre italien des Affaires étrangères, Franco Frattini, dans un article écrit conjointement avec son homologue français, Bernard Kouchner, et paru le 24 février dans L'Orient-Le Jour, le Liban a une place particulière en Italie : celle du cœur », a souligné l'ambassadeur Gabriele Checchia.« Votre histoire est la nôtre ; en vous aidant à préserver le patrimoine archéologique, c'est une partie de notre mémoire commune que nous sauvegardons. Nous avons eu le privilège, tant au Liban qu'en Italie, de bénéficier de l'immense héritage légué par nos ancêtres, et il est de notre devoir de le transmettre aux générations...
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