Moyen Orient et Monde

Signature d’un accord militaire américano-colombien controversé

Défense L'accord permet à l'armée américaine de faire usage d'au moins sept bases en Colombie.
OLJ
31/10/2009
La Colombie et les États-Unis ont signé hier un accord militaire, dont l'annonce a déjà suscité une crise régionale et d'importantes réserves dans le pays. L'accord a été signé à Bogota par le chef de la diplomatie colombienne, Jaime Bermudez, et l'ambassadeur des États-Unis en Colombie, William Brownfield, a déclaré à l'AFP un porte-parole du ministère des Affaires étrangères, sans autre commentaire. Le texte, destiné selon Washington et Bogota à renforcer leur coopération en matière de lutte antidrogue et antiguérilla, n'a jamais été divulgué dans son intégralité. En vigueur pendant dix ans, il permettra à l'armée américaine de faire usage d'au moins sept bases en Colombie, pays comptant des frontières avec le Venezuela, l'Équateur, le Brésil, le Pérou et Panama. L'accord permet à Washington de compenser la fermeture en septembre de sa seule base en Amérique du Sud, dans le port de Manta (Équateur), d'où étaient menées des opérations aériennes de surveillance du Pacifique destinées à intercepter les cargaisons de cocaïne. Il permet la présence de 800 militaires et 600 civils américains sur le sol colombien. Au moins trois bases aériennes, deux bases de la marine et deux bases de l'armée de terre sont concernées, en particulier celle de Palanquero (180 km à l'ouest de Bogota), disposant d'une piste de décollage de 3,5 km adaptée aux gros-porteurs, ce qui permettrait à l'armée américaine de se projeter bien au-delà des frontières colombiennes, selon les détracteurs de l'accord.
L'annonce de la signature à venir avait déclenché en juillet et août une crise régionale, entraînant la tenue d'un sommet de l'Union des nations d'Amérique du Sud (Unasur) en Argentine, le 28 août. Les pays membres avaient alors signifié que la présence de troupes étrangères dans la région ne devait en aucun cas porter atteinte à leur « souveraineté » ou leur « intégrité ». Les voisins de la Colombie, en particulier le Venezuela et l'Équateur, craignent que des opérations les visant puissent être menées depuis le sol colombien, notamment en matière d'intelligence, ce que Washington dément. Le président vénézuélien Hugo Chavez a accusé l'« empire » américain de s'être lancé dans une « nouvelle offensive guerrière visant l'Amérique du Sud ». Il avait en outre annoncé, en septembre, avoir passé un nouveau contrat militaire avec la Russie, qui prêtera deux milliards de dollars (1,4 milliard d'euros) à son pays pour l'achat de 92 chars T-72 et de lance-missiles. « Avec ces fusées, ils vont avoir du mal à nous bombarder », avait-il assuré, alors que Washington manifestait ses craintes d'une course aux armements.
L'accord prolonge, selon Bogota, la coopération déjà en place dans le cadre du « Plan Colombie » de lutte contre la guérilla et le trafic de drogue, au titre duquel la Colombie a reçu près de 5,5 milliards de dollars d'aide américaine depuis l'an 2000. Il suscite aussi des controverses dans le pays, notamment en raison de l'immunité totale dont jouiraient les militaires américains, selon des extraits de l'accord divulgués par la presse. Le Conseil d'État, dont l'avis est consultatif, a considéré mi-octobre que compte tenu de sa portée, le texte devait être soumis à l'approbation du Congrès. Mais le gouvernement a passé outre à cette recommandation.

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