Passant en revue les multiples « dénis » auxquels il s'est heurté en demandant réparation à la justice libanaise d'une part, et au TSL, d'autre part, qui s'est dit « incompétent, pour le moment » en la matière, M. Sayyed a expliqué comment et pourquoi il s'est finalement adressé à la justice syrienne.
Déposée il y a quelques jours seulement devant le premier avocat général de Damas qui a transféré le dossier au juge d'instruction concerné, la plainte de M. Sayyed a été immédiatement suivie d'une demande syrienne d'extradition de Zouheir Siddik auprès des autorités des Émirats arabes unis, où il était détenu jusqu'à récemment. L'officier, qui a lancé un appel aux EAU les invitant à obtempérer à la demande d'extradition, « dans leur intérêt d'abord puisque Zouheir Siddik peut être tué à n'importe quel moment sur leur territoire », a affirmé qu'il refusait de croire les rumeurs de presse selon lesquelles l'Arabie saoudite aurait exercé des pressions sur les émirats dans le cadre de cette affaire.
Outre Zouheir Siddik, la plainte est engagée notamment contre Houssam Houssam, Abdel Halim Khaddam (pour ses accusations télévisées), Abdel Basset Bani Audeh, Ibrahim Michel Jarjoura, Akram Chakib Mrad, Ahmad Merhi, et « plusieurs dizaines d'autres dont les témoignages ont été pris en compte dans le cadre de l'investigation internationale dirigée à l'époque par Detlev Mehlis », a précisé l'officier. Le général Sayyed cite au passage le procureur général Saïd Mirza, les juges d'instruction Élias Eid et Sakr Sakr, l'ancien ministre de la Justice Charles Rizk, et plusieurs responsables des FSI, dont le colonel Wissam el-Hassan, et le capitaine Samir Schéhadé.
M. Sayyed et les avocats présents ont justifié la compétence des tribunaux syriens par le fait qu'il s'agit au départ « de cinq faux témoins de nationalité syrienne ». Et les intervenants de citer l'article 20 du code de procédure pénale syrien prévoyant que « la loi syrienne s'applique sur tout citoyen syrien, qu'il soit exécutant, commanditaire, ou complice, ayant commis un crime ou un délit condamnable par la loi syrienne ».
Et M. Sayyed de conclure en rappelant que partout dans le monde, n'importe quel faux témoin, une fois découvert, « est jugé exactement comme s'il était complice dans le crime, surtout lorsqu'il a sciemment tenté d'induire en erreur les investigateurs en présentant des informations et des faits falsifiés qui peuvent aboutir à innocenter le vrai criminel ».


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