Les crises bancaires se caractérisent le plus souvent par des paniques ou des vagues de coûteuses défaillances d'établissements de crédit. Une analyse historique de ces deux phénomènes aboutit à plusieurs résultats intéressants. Tout d'abord, les paniques et les défaillances ne sont pas forcément simultanées, les unes pouvant se produire en l'absence des autres. Ensuite, ce ne sont pas des événements aléatoires, même si cela ne signifie pas que nous sommes en mesure de prévoir précisément leur apparition. Par ailleurs, ces phénomènes n'apparaissent pas imputables à une conséquence inévitable de la nature humaine, ou à la fonction bancaire de transformation des liquidités. Mieux encore, les paniques et les défaillances bancaires ne résultent pas forcément d'erreurs de politique monétaire.
En revanche, il semble que les vagues de panique et de défauts soient liées aux règles microéconomiques du fonctionnement bancaire établies par les gouvernements. Certaines règles conduisent à des prises de risque plus importantes, comme par exemple le système d'assurance des dépôts en vigueur aux États-Unis à la fin du XIXe siècle, la garantie des emprunts hypothécaires à la même époque en Argentine ou, plus récemment, durant les trois dernières décennies, les systèmes de garantie des prêts hypothécaires à travers le monde. On peut également citer les lois restreignant la concurrence dans le secteur bancaire du fait de barrières à l'entrée entre autres. Si ces barrières constituent au départ une garantie pour les clients potentiels, elles favorisent à terme les situations oligopolistiques, accompagnées de mégafusions dans le secteur depuis les vingt dernières années au niveau mondial. Il convient aussi de mentionner la moindre diversification des risques, due en partie à la spécialisation des établissements dans certaines activités spécifiques (banque d'investissement, crédit hypothécaire, etc.), conduisant à une moindre adaptabilité aux chocs externes.
Comment répondre aux crises et éviter qu'elles ne se répètent ? Les pistes sont multiples et les résultats contrastés suivant les époques et la conjoncture économique. Mais une tendance persiste au fil du temps : l'arrêt des mesures favorisant la prise de risque ou semblant gommer ses conséquences négatives est inévitable. Si tous les observateurs s'accordent pour demander des règles prudentielles plus strictes à l'issue de chaque séisme sur la planète finance, cette belle unanimité ne dure souvent que le temps nécessaire aux marchés pour retrouver une tendance haussière. Il ne s'agit naturellement pas de laisser sans protection les investisseurs désireux de réduire leur exposition au risque, mais de supprimer toute illusion d'absence de risque. Entre un emprunteur et sa banque, un assureur et un assuré, ou un acheteur et un vendeur d'options, la situation présente d'éclairants points communs : il y a transfert du risque, répartition de celui-ci, mais en aucun cas sa disparition. La précision est ici bien plus que sémantique.
* Spécialiste de finance à l'université de Poitiers, professeur à l'ESA .
En coopération avec :ESA


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef