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Liban - Diplomatie

La France « inquiète » du retard dans la formation du gouvernement

Pour la France, davantage de retard dans la formation du gouvernement pourrait avoir des répercussions négatives sur la sécurité du pays.

Le chef de la diplomatie française Bernard Kouchner a exprimé hier son inquiétude concernant la situation au Liban, toujours en attente d'un gouvernement, laissant entendre que davantage de retard pourrait avoir des répercussions négatives sur la sécurité du pays.
« Cinq mois après des élections qui furent des élections parfaites, reconnues par tout le monde, il n'y a pas de gouvernement au Liban. Vous ne pouvez pas rester ainsi », a-t-il affirmé au cours de sa visite à Beyrouth. « Vous favorisez les tendances les plus dangereuses de la région. Soyez conscients de l'enjeu : l'enjeu c'est votre sécurité, l'unité du Liban, la liberté du Liban, vous devez vous ressaisir », a encore martelé le chef du Quai d'Orsay.
« Nous sommes inquiets », a-t-il ajouté, tout en exprimant son espoir que « dans les jours qui viennent, cette formation gouvernementale verrait le jour » et que les obstacles à la formule des 15-10-5 seraient « aplanis ».
« Nous avons vu tous les partis politiques, et c'est assez intéressant de voir tous les partis politiques sur un même sujet et juger des convergences et des différences. A écouter les uns et les autres qui sont théoriquement opposés et chargés de faire un même gouvernement, eh bien, il y a de quoi faire un gouvernement libanais solide (...) », a dit le chef de la diplomatie française. « Je n'ai vu aucun obstacle majeur sur le fond, c'est à dire sur la nécessité de faire un gouvernement libanais représentant toutes les tendances, toutes les communautés », a-t-il encore déclaré.
Bernard Kouchner a par ailleurs décrit une situation « pas très bonne » dans la région. « Le processus de paix entre les Israéliens et les Palestiniens est au point mort, les efforts américains n'ont pas été suffisants pour l'heure », a-t-il ainsi constaté, espérant qu'au « mois de novembre le dialogue reprendra entre les Palestiniens et les Israéliens pour qu'enfin un Etat palestinien voie le jour ».
« Dans cet équilibre fragile, le Liban a besoin d'un gouvernement avec les représentations nécessaires et acceptées de toutes les parties, de toutes les communautés », a indiqué Bernard Kouchner, assurant que la France est « prête à aider dans tous les sens. Nous le ferons », a-t-il insisté, sans élaborer. Il a également salué l'attitude de la Syrie concernant le processus de formation du gouvernement. « Nous avons rétabli avec la Syrie des rapports normaux et on se voit souvent. Damas a respecté en effet ce qu'elle avait promis de ne pas influencer la constitution de ce gouvernement », a-t-il jugé.

La tournée
Le chef de la diplomatie française avait entamé sa tournée des responsables libanais par un entretien avec le chef du PSP, Walid Joumblatt, en présence du député Marwan Hamadé. Il s'est ensuite rendu auprès de son homologue Fawzi Salloukh. « Chaque libanais doit être conscient qu'il est responsable, et il faut cesser de dire que l'impasse est due aux influences des uns et des autres ou à tel ou tel portefeuille », a-t-il relevé sur le perron du palais Bustros avant de se rendre à Baabda pour une audience avec le chef de l'Etat.
Prié de dire s'il existe une initiative française visant à faciliter l'accouchement du gouvernement Hariri, Bernard Kouchner a estimé que « la présence à Beyrouth du ministre français des Affaires étrangères est une initiative en tant que telle ».
Autres escales de la tournée du ministre français : Aïn el-Tiné pour des discussions avec le président de la Chambre, Nabih Berry, puis le Sérail pour un entretien avec le Premier ministre sortant, Fouad Siniora, avant un arrêt à la Maison du Centre, où Bernard Kouchner a été reçu par le Premier ministre désigné, Saad Hariri, dont il a salué « la patience, la détermination et la conviction de devoir donner à chacun la place qui lui convient le mieux ».
Signalons enfin que Bernard Kouchner s'est également entretenu avec le chef du CPL, Michel Aoun, puis avec des cadres du Hezbollah, avant de tenir une conférence de presse en début de soirée au Biel.
Le chef de la diplomatie française Bernard Kouchner a exprimé hier son inquiétude concernant la situation au Liban, toujours en attente d'un gouvernement, laissant entendre que davantage de retard pourrait avoir des répercussions négatives sur la sécurité du pays.« Cinq mois après des élections qui furent des élections parfaites, reconnues par tout le monde, il n'y a pas de gouvernement au Liban. Vous ne pouvez pas rester ainsi », a-t-il affirmé au cours de sa visite à Beyrouth. « Vous favorisez les tendances les plus dangereuses de la région. Soyez conscients de l'enjeu : l'enjeu c'est votre sécurité, l'unité du Liban, la liberté du Liban, vous devez vous ressaisir », a...
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