« Le rôle des Forces libanaises, a notamment déclaré M. Geagea, est de préserver la présence chrétienne lorsque celle-ci est menacée, de développer le rôle des chrétiens en temps de paix et d'assurer la présence des chrétiens aux côtés de tous leurs frères libanais en toutes circonstances. Les chrétiens ne veulent pas de charité. Ils aspirent à la stabilité et la liberté. Ils souhaitent qu'on les laisse en paix. Cela s'adresse surtout à ceux qui prétendent défendre leurs droits alors qu'en réalité, ils portent atteinte à leur présence en s'alignant sur des projets politiques qui sont en contradiction avec les impératifs de stabilité et de liberté. »
Interrogé sur les rapports avec le « chiisme politique », le leader des FL a souligné qu'il n'a jamais pensé que les chiites menaçaient les chrétiens. « Le mouvement Amal et le Hezbollah n'ont jamais menacé les chrétiens, a déclaré M. Geagea. Il s'agit là d'une approche totalement erronée. Il est faux de bâtir les relations avec autrui sur la peur. Il est donc nécessaire d'opter pour la logique de l'État. Seul l'État doit nous protéger à tous. » Sur ce plan, le leader des FL a déclaré, s'adressant au secrétaire général du Hezbollah Hassan Nasrallah : « Nous sommes tous sur le même navire. Il n'est pas concevable d'élaborer une stratégie pour le Liban sans tenir compte des autres Libanais. Nous devons sauver le Liban tous ensemble et éviter de réfléchir chacun de son côté. J'ai proposé au Hezbollah la formule basée sur le principe selon lequel ils ne peuvent pas se passer de nous, et nous, nous ne pouvons pas nous passer d'eux. Nous faisons partie d'une même entité et nous évoluons dans le même cadre politique. À titre d'exemple, si le Hezbollah désire protéger les chiites, seuls, face à Israël, il ne peut pas le faire. La seule possibilité est que nous nous entendions, tous, sur une stratégie unifiée afin de préserver l'État et le Liban. C'est de cette manière que nous protégerons alors les chiites, les sunnites, les chrétiens, et tous les Libanais. »
Interrogé, par ailleurs, sur la campagne menée par les médias syriens contre les Forces libanaises, M. Geagea a déclaré : « Les Syriens continuent à privilégier la politique du marchandage avec les Libanais. La Syrie est consciente du fait qu'une telle politique n'est pas applicable avec les FL qui demeurent attachées à un ensemble de principes incompatibles avec les intérêts syriens au Liban. Je dis au président Assad qu'il est de l'intérêt de tout le monde que les rapports (avec les Libanais) se fassent par le biais de l'État libanais, représenté par la présidence de la République et le gouvernement. La Syrie doit reconnaître pratiquement le Liban en tant qu'entité et cesser de traiter avec lui comme s'il était une province syrienne. » M. Geagea a souligné sur ce plan la nécessité de clore les dossiers litigieux avec la Syrie, notamment en ce qui concerne « les bases militaires syriennes présentes (en territoire libanais) sous une couverture palestinienne, comme c'est le cas à Koussaya, à Sultan Yaacoub, à Neemeh et à Héloué ». Le leader des FL a également demandé à la Syrie de clore le dossier des Libanais détenus dans les prisons syriennes.
Concertation avec Pharaon
Signalons, par ailleurs, que M. Geagea a reçu hier à Meerab M. Michel Pharaon, député de Beyrouth, avec qui il a passé en revue les derniers développements de la situation dans le pays, notamment en ce qui concerne la crise gouvernementale.
À l'issue de l'entrevue, M. Pharaon a mis l'accent sur « la coopération et la compréhension entre tous les leaders du 14 Mars au sujet de la formation du gouvernement sur la base de principes clairs qui soient conformes à l'esprit de la Constitution et aux fondements démocratiques ». Après avoir souligné la nécessité de prendre en considération « les intérêts chrétiens et nationaux », M. Pharaon a déploré « certaines prises de position obstructionnistes inspirées par l'étranger ». En conclusion, M. Pharaon a déclaré que tout devrait être mis en œuvre afin de faciliter la formation du gouvernement.


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