S'exprimant dans le cadre d'une interview à l'agence al-Markazia, Fady Abboud a appelé le gouvernement à consacrer quelque 50 à 60 millions de dollars par an pour venir en aide aux industries à forte intensité énergétique. « Si l'on alimentait toutes ces usines en gaz naturel, toute leur consommation ne dépassera pas le quart de celle de la centrale de Deir Ammar, a-t-il précisé. D'ailleurs, le ministre (sortant de l'Énergie) Alain Tabourian n'a exprimé aucune opposition à l'idée de réserver une fraction du gaz importé d'Égypte à l'industrie. »
Le président de l'AI a toutefois indiqué que cette opération est « très complexe, car il n'est guère aisé d'installer une canalisation pour l'acheminement du gaz sur le plan local ». « L'on a alors proposé de fournir un terrain sur lequel sera construite une centrale qui fonctionnera au gaz afin d'alimenter les usines à forte intensité énergétique, a-t-il ajouté. Mais même cette proposition est dure à réaliser. L'on a alors songé à construire une usine de liquéfaction du gaz pour le transporter dans des camions-citernes. Mais dans ce cas, il faudrait augmenter les quantités de gaz importées d'Égypte via la Syrie et qui sont insuffisantes pour alimenter Deir Ammar. »
Fady Abboud a en outre déploré la « discrimination » entre le public et le privé. « L'État a fourni du gaz à l'Électricité du Liban qui est une compagnie publique pour réduire ses coûts et contribuer à combler son déficit. Pourquoi n'en fera-t-il pas autant avec les sociétés privées ? Le gouvernement doit au moins nous autoriser à importer du gaz liquide, car la faillite des industries à forte intensité capitalistique lui coûtera bien plus que les quelque 200 millions de dollars qu'il a économisés en alimentant Deir Ammar en gaz égyptien », a conclu le président de l'AI.

