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Liban - Routes

Camions fous sur la route de Damas : jusqu’à quand le laxisme ?

Cinq blessés lundi soir dans un terrible accident de la route causé à Dahr el-Wahch par un camion-remorque qui a embouti plusieurs voitures. Deux autres accidents hier au niveau de Kahalé impliquant des camionnettes ou des bus. D'innombrables carambolages depuis des années à Masnaa. Qui donc surveille les poids lourds sur la route de Damas ? 
On entend trop souvent la même histoire : les freins d'un camion ont lâché quelque part sur la route de Damas et les victimes se multiplient. Les derniers accidents en date ces deux derniers jours ont remis sur le tapis des questions fondamentales pour la sécurité sur les routes : comment ces camions sont-ils surveillés ? Quelles pénalités encourent leurs chauffeurs en cas de contravention ? Quelles solutions y aurait-il à ce problème qui dure depuis de nombreuses années et pourquoi des mesures plus strictes ne sont-elles pas prises ?
Quelques coups de fil suffisent à montrer que définir les responsabilités dans cette affaire est tout sauf aisé. Selon des sources sécuritaires qui sont restées anonymes, les camions sont souvent arrêtés aux frontières ou à des postes de douane, comme celui de Dahr el-Baïdar, mais c'est seulement pour les obliger à respecter les horaires d'autorisation de trafic pour les poids lourds. Quelques fois, des procès-verbaux sont dressés à l'encontre de camions surchargés, mais ces constats sont fondés soit sur une facture, soit sur une estimation à l'œil nu. En effet, il semble que l'État libanais n'ait pas doté les postes-frontières ou les postes de douane de balances qui leur permettraient de peser exactement la charge !
De plus, la création d'un centre de contrôle mécanique pour les camions, dans la zone franche entre les frontières syrienne et libanaise à Masnaa, a été décidée en Conseil des ministres en 2005, mais n'a toujours pas été concrétisée. Pourquoi ?
Plus grave encore : les procès-verbaux dressés, pour surcharge ou pour excès de vitesse, ne mènent en aucun cas à la saisie du véhicule, mais seulement à une amende qui reste assez modique et qui a donc un effet dissuasif très limité. Une source sécuritaire reconnaît que le code de la route actuel n'est pas assez strict sur ce point pour permettre aux forces de l'ordre de mener une action plus efficace contre les camionneurs contrevenants, soulignant que l'amende doit être de valeur proportionnelle à la gravité du risque et du crime. Elle insiste sur l'importance de la responsabilisation des chauffeurs et de l'inspection.

Un système de repérage électronique
On sait en gros que les surcharges et les problèmes de freins sont les principaux facteurs d'accidents sur cette longue pente qui va de Dahr el-Baïdar à Beyrouth (ou même sur le tronçon d'avant la frontière libanaise à Masnaa). Pour plus de détails, nous avons interrogé un ingénieur qui a travaillé dans l'entretien de camions, et qui a requis l'anonymat.
Celui-ci retient un premier facteur : lorsque des camionneurs, souvent peu connaisseurs des caractéristiques de la route libanaise et de ses pentes raides, donnent trop souvent des coups de frein en chemin, ils arrivent à un point où leurs freins sont surchauffés, et où ceux-ci deviennent inefficaces en cas d'urgence, quand ils en ont le plus besoin, d'où le risque d'accident. Selon lui, en raison de l'état des routes dans le pays, les camions libanais sont désormais équipés, dans leur vaste majorité, d'un double système de freinage, avec un système appelé supplémentaire. En d'autres termes, les coups de freins donnés tout au long de la route sont absorbés par ce système supplémentaire, et c'est le système initial qui fonctionne en cas d'urgence. Cela ne sert pas les intérêts des camionneurs étrangers : voyant leurs collègues libanais dévaler les pentes sans crainte, ils font de même et sont surpris par le moindre obstacle !
L'autre facteur de taille est la surcharge, qui fatigue le moteur, la carrosserie et les freins. « Les surcharges sont considérables, dit cet ingénieur. On voit souvent des camions d'une capacité de 40 tonnes qui en transportent 60. Vous ne pouvez pas croire ce qu'un tel surpoids peut causer ! » Il y a aussi, selon lui, l'excès de vitesse et l'inspection insuffisante.
Pour ce qui est des solutions techniques possibles, il fait référence à un système de stockage de données et de repérage adopté en Europe, et qui permet à la police, à la moindre inspection, de reconnaître si le camionneur a commis des excès de vitesse ou s'il a conduit plus d'heures qu'il ne lui est autorisé. L'agent n'a donc pas besoin de prendre le camionneur sur le fait pour lui imposer une amende. De nos jours, ce système est électronique avec des informations qui peuvent être stockées et téléchargées. Chaque camionneur est doté d'une clé USB qui lui est propre. Selon l'ingénieur, ce système n'est pas difficile à installer et responsabilise le chauffeur, ce qui est essentiel. Des sociétés privées auraient commencé à en user au Liban pour leurs propres chauffeurs. 
On entend trop souvent la même histoire : les freins d'un camion ont lâché quelque part sur la route de Damas et les victimes se multiplient. Les derniers accidents en date ces deux derniers jours ont remis sur le tapis des questions fondamentales pour la sécurité sur les routes : comment ces camions sont-ils surveillés ? Quelles pénalités encourent leurs chauffeurs en cas de contravention ? Quelles solutions y aurait-il à ce problème qui dure depuis de nombreuses années et pourquoi des mesures plus strictes ne sont-elles pas prises ? Quelques coups de fil suffisent à montrer que définir les responsabilités dans cette affaire est tout sauf aisé. Selon des sources sécuritaires qui sont restées...
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