Les chauffeurs observaient, avec des collègues, une grève sur le tas sous le boulevard suspendu de Bourj Hammoud pour protester contre plus d'une quinzaine d'agressions et d'actes d'intimidation dont ils avaient fait l'objet au cours des semaines écoulées de la part d'une compagnie exploitant des minibus, à laquelle ils faisaient concurrence, sur la ligne Fanar-Hamra (la ligne 5).
L'un d'eux, Raymond Saba, avait été agressé la veille même, sur la place de Jdeidé, par un homme qui avait tiré en l'air pour le terroriser et avait fracassé les vitres de son minibus.
C'est donc de guerre lasse, après avoir relancé à maintes reprises les autorités, que les chauffeurs de minibus se sont mobilisés en masse sur la chaussée, près du stade de Bourj Hammoud, quand des tirs ont été dirigés contre eux par des inconnus circulant à bord d'un minibus blanc et d'une Toyota, qui les avaient pris en joue à partir du boulevard qui les surplombe.
À la suite de cet incident, qui a mis le quartier en effervescence, l'armée est intervenue et a ramené le calme, tandis qu'une délégation des chauffeurs agressés était reçue par le ministre de l'Intérieur, Ziyad Baroud. Les intéressés ont mis en cause dans l'agression le propriétaire d'une compagnie de minibus appartenant à Kassem Abboud et ont demandé à être indemnisés pour les dégâts occasionnés à leurs véhicules.
Deux dirigeants syndicaux du secteur des transports publics, Abdel Amir Najdé et Bassam Tleiss, ont assisté à la réunion. Pour expliquer l'incident qui venait de se produire, Tleiss a affirmé que le nombre de minibus était « supérieur, et de loin, à la demande », et provoquait une concurrence exaspérante entre les chauffeurs. De son côté, M. Najdé a affirmé qu'au moins le tiers du parc de 12 000 minibus en circulation est doté de fausses plaques rouges et que son élimination suffirait à régler le problème de la concurrence. Les deux syndicalistes ont assuré que l'incident « n'a aucune connotation confessionnelle ou politique».
Le ministre de l'Intérieur s'est engagé à régler ce dossier au mieux et a convoqué à nouveau les présents à une réunion, lundi, destinée à examiner les moyens d'introduire un peu d'ordre dans cette jungle.


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