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Liban

La contre-offensive musclée du Hezbollah

L'explosion de Tayr Felsay a envenimé de nouveau le climat politique et médiatique. Comme l'incident précédent qui s'était déroulé en août à Kherbet Selm avant la prorogation du mandat de la Finul, celui de Tayr Felsay a soulevé une vive polémique et ravivé les clivages au sein du pays. Après un quasi-silence de 36 heures (l'explosion s'est produite lundi soir), le Hezbollah a lancé depuis mercredi une contre-offensive musclée par le biais d'un communiqué du parti et de plusieurs déclarations de ses responsables pour éclaircir la situation. Mais c'est surtout le film diffusé par certaines chaînes de télévision qui a servi de base à la version donnée par le Hezbollah.
Dans ce film, le parti retrouve les lieux montrés dans la version israélienne ainsi que la camionnette supposée transporter les munitions pour montrer qu'il s'agit d'un véhicule découvert qui transportait la porte en tôle du garage où s'est produite l'explosion et qui était endommagée, vers Deir Kanoun al-Nahr, pour y être réparée. Dans un montage subtil, les spectateurs ont pu comparer les lieux et les scènes. Par ailleurs, le responsable du Hezbollah qui, dans la version israélienne, aurait été tué dans l'explosion qui se serait produite chez lui, est apparu dès mardi auprès du chef de la municipalité de Tayr Felsay sain et sauf. Finalement, dans la version du Hezbollah, ce serait donc un des obus laissés sur place par Israël après la guerre de 2006 qui aurait explosé entre les mains d'un jeune homme qui le manipulait, blessant ce dernier et endommageant la porte du garage, mais sans causer l'effondrement de l'immeuble de trois étages comme cela avait été dit.
L'affaire a pris d'énormes proportions avec la diffusion par Israël du film tourné par un de ses drones et son envoi immédiat aux Nations Unies, accompagné de l'accusation portée contre le Hezbollah de violer la résolution 1701. Les sources de l'opposition estiment qu'Israël s'est empressé de monter cette affaire pou tenter de détourner l'attention internationale du rapport du juge indépendant Richard Goldstone sur les crimes commis par son armée à Gaza en décembre et janvier derniers. L'autre objectif israélien serait de semer la zizanie entre les Libanais et de tenter de les monter les uns contre les autres et surtout contre le Hezbollah.
L'information a donc d'abord été donnée par une agence internationale, mais le plus grave aux yeux de l'opposition, c'est qu'elle a été immédiatement reprise par l'Agence nationale d'information, qui n'a même pas pris la peine d'attendre la version du Hezbollah. Le député Nawwaf Moussawi précise ainsi que le Hezbollah n'a pas réagi immédiatement pour prendre le temps de vérifier ses informations et surtout pour préparer une riposte étudiée et rationnelle, qui ne peut faire l'objet d'aucune contestation.
L'incident s'est donc produit lundi soir et le parti n'a présenté sa version que mercredi, parce que le film qu'il a préparé était très minutieux et précis. Mais Moussawi précise que le soir même de l'explosion, les journalistes et autres reporters se sont rendus au village de Tayr Felsay et ils ont pu constater que le calme régnait dans la localité et qu'il n'y avait ni neuf ni cinq victimes du Hezbollah et encore moins huit ou neuf blessés comme l'ont clamé certains médias. Le député membre du Hezbollah ajoute que le parti a laissé les Israéliens s'enferrer dans leurs mensonges, comme il l'avait fait précédemment à la suite d'autres incidents similaires avant de dévoiler l'étendue de la manipulation médiatique et politique israélienne. Il relève toutefois la rapidité avec laquelle Israël a transmis aux médias les images filmées par son drone, comme s'il n'attendait qu'un tel incident pour provoquer une nouvelle crise et mettre le Hezbollah au pied du mur. Mais ce qui le dérange le plus, c'est l'attitude de certains médias locaux qui, selon lui, diffusent des informations mettant en cause le Hezbollah sans prendre la peine de les vérifier. Moussawi affirme toutefois que son rendez-vous mercredi avec le ministre de l'Information Tarek Mitri avait été fixé avant l'incident de Tayr Felsay, mais il ajoute que la diffusion de l'information par l'ANI a été longuement évoquée et les journalistes de l'Agence nationale d'information ont reconnu, selon lui, s'être basés sur la dépêche de l'agence internationale sans chercher à la vérifier.
Mais c'est surtout la dimension politique de l'affaire qui ravive le malaise. Le Hezbollah a recommencé à accuser certaines parties sécuritaires et politiques de vouloir le mettre en difficulté, s'étonnant du fait que le survol d'un drone israélien du Sud n'ait suscité aucune condamnation de leur part alors qu'il s'agit d'une violation flagrante de la souveraineté libanaise et de la résolution 1701.
De leur côté, des voix craignant les retombées de la présence militaire du Hezbollah au Sud sur la stabilité de la région ont recommencé à se faire entendre. Entre les deux positions, celle de l'État tente de reprendre le contrôle de la situation et annonce que le Liban pourrait déposer une plainte devant le Conseil de sécurité, alors que la Finul reste prudente et refuse de se prononcer avant la fin de l'enquête officielle. L'affaire pourrait se tasser, mais la rapidité avec laquelle les positions se sont radicalisées montre combien le climat général du pays est encore à la méfiance. Et les débuts du Liban en tant que membre non permanent du Conseil de sécurité ne s'annoncent pas des plus aisés.
L'explosion de Tayr Felsay a envenimé de nouveau le climat politique et médiatique. Comme l'incident précédent qui s'était déroulé en août à Kherbet Selm avant la prorogation du mandat de la Finul, celui de Tayr Felsay a soulevé une vive polémique et ravivé les clivages au sein du pays. Après un quasi-silence de 36 heures (l'explosion s'est produite lundi soir), le Hezbollah a lancé depuis mercredi une contre-offensive musclée par le biais d'un communiqué du parti et de plusieurs déclarations de ses responsables pour éclaircir la situation. Mais c'est surtout le film diffusé par certaines chaînes de télévision qui a servi de base à la version donnée par le Hezbollah. Dans ce...
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