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Liban - Texto

Effarante platitude

La teneur de l'accord syro-saoudien scellé à Damas en ce qui concerne le dossier libanais ? Des lots de satisfaction distribués à tous, façon École des fans. Ni vainqueurs ni vaincus, ce qui politiquement se traduit par ni majorité ni opposition. Ni gouvernement ni autorité de contrôle. Personne pour demander une saine, nécessaire, voire vitale reddition des comptes. À partir de là, toutes les initiatives tendant à bâtir un État, comme l'ont clamé durant toute la campagne électorale les chantres du 14 Mars, et toutes les tentatives de réformer et de changer, en combattant d'abord la corruption qui sévit plus que jamais, resteront tout au plus des vœux pieux. Techniquement inapplicables. Non par manque de volonté, mais bien parce que, au fond, rien n'oblige ces hommes de pouvoir, chevronnés pour la plupart, à se faire violence. À se dresser contre ce qui est somme toute devenu une seconde nature.
Cet accord scellé par des voisins - dont la bienveillance à l'égard du Liban n'a d'égal que les intérêts qu'ils ont à maintenir ce pays sous leur coupe - est d'une platitude effarante : faciliter la formation d'un gouvernement au Liban, la normalisation des relations syro-libanaises, le traitement du dossier des armes détenues par les Palestiniens en dehors des camps de réfugiés, et enfin, la délimitation des frontières syro-libanaises. Un document qui, à lui seul, serait à même de constituer un Doha II, sans les flonflons, le cérémonial et les graves débordements armés qui ont accompagné Doha I. Pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple ? Partant du fait que même l'accord de Taëf qui bénéficiait à l'époque d'une triple couverture internationale - américaine, syrienne et saoudienne - n'a pas pu être appliqué dans ses clauses les plus délicates, et que Doha n'a servi que de pansement temporaire ayant pour objectif de mener les Libanais vers les élections législatives, Saoudiens et Syriens ont probablement jugé bon cette fois d'exploiter au maximum l'irresponsabilité des leaders libanais - qui, concrètement, ne ratent aucune occasion pour se décharger de leurs obligations - pour concocter en comité très restreint et loin de tout tapage médiatique, un accord qui concerne directement le Liban et son bancal avenir.
Pendant ce temps, à Beyrouth, tout le monde trouve normal de devoir attendre le retour dimanche soir de Ali Hassan Khalil et Hussein Khalil de Damas, pour bénéficier des lumières syriennes et être - enfin ? - en mesure de procéder à la plus simple des équations démocratiques : la création d'un gouvernement.
La teneur de l'accord syro-saoudien scellé à Damas en ce qui concerne le dossier libanais ? Des lots de satisfaction distribués à tous, façon École des fans. Ni vainqueurs ni vaincus, ce qui politiquement se traduit par ni majorité ni opposition. Ni gouvernement ni autorité de contrôle. Personne pour demander une saine, nécessaire, voire vitale reddition des comptes. À partir de là, toutes les initiatives tendant à bâtir un État, comme l'ont clamé durant toute la campagne électorale les chantres du 14 Mars, et toutes les tentatives de réformer et de changer, en combattant d'abord la corruption qui sévit plus que jamais, resteront tout au plus des vœux pieux. Techniquement inapplicables. Non par...
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