Son décès lundi à Saly (70 km au sud de Dakar) avait été annoncé à l'AFP par un proche du coureur et confirmé hier matin par l'ambassade de Belgique à Dakar. Cette ville est une des plus importantes stations balnéaires d'Afrique de l'Ouest.
De nombreuses interrogations subsistent sur les circonstances du décès du sportif qui, après un début de carrière flamboyant, traversait une interminable descente aux enfers en raison de ses démêlés avec la justice, entre dopage et drogue, ainsi que ses tentatives de suicide.
Deux diplomates belges se sont rendus en début d'après-midi à la gendarmerie de Saly, qui mène l'enquête, mais ont refusé de s'exprimer, a constaté une journaliste de l'AFP.
Un employé de l'auberge La Maison bleue, s'exprimant sous le couvert de l'anonymat, a raconté à l'AFP les dernières heures du cycliste.
« Il était ivre »
Il est arrivé dans la nuit de dimanche à lundi « à deux heures du matin (lundi 00h00 GMT). Quand il est venu, il était ivre. Il était avec une Sénégalaise. Il était ici pour une nuit, on lui a servi une flag (bière locale) », a déclaré cet employé.
« Vers 4h00 du matin, sa compagne est venue demander une serpillière car il avait vomi », a-t-il précisé, après avoir été interrogé hier matin par la gendarmerie. Il avait « refusé de donner son nom et ses papiers, la femme qui l'accompagnait s'est enregistrée » à sa place, selon lui.
« Jusqu'à 13h00, il n'est pas sorti de sa chambre. Vers 20h00, mon patron m'a appelé et m'a dit que le client était décédé », a-t-il poursuivi. La gendarmerie et les sapeurs-pompiers ont ensuite pris le corps.
Frank Vandenbroucke était arrivé au Sénégal dimanche à 17h00, accompagné d'une ami, cycliste lui aussi, Fabio Polazzi, a pour sa part déclaré ce dernier à la télévision belge RTBF.
Selon Polazzi, la fille accompagnant Vandenbroucke a déclaré à la police que le coureur cycliste s'était senti mal et s'était évanoui. L'ami du coureur cycliste a encore déclaré que le corps avait été découvert lundi vers 15h30 à La Maison bleue, située à 3 kilomètres de son hôtel, l'hôtel Royam, et que Vandenbroucke était mort sans doute depuis plusieurs heures.
Les deux amis s'étaient quittés dimanche vers minuit. Sans nouvelle de Vandenbroucke lundi matin, Polazzi avait vainement tenté de le joindre sur son téléphone portable avant d'être averti du décès par la police lundi en fin d'après-midi.
« Processus destructeur »
Une journaliste et un photographe de l'AFP ont pu entrer dans une chambre, au rez-de-chaussée de La Maison bleue, présentée comme étant celle qu'il occupait. Aucun dispositif de sécurité n'avait été mis en place, la chambre visitée n'avait pas été scellée.
Selon des médias belges, il aurait succombé à une embolie pulmonaire. « Il était parti en bonne santé, rayonnant parce qu'il avait trouvé une équipe pour l'année prochaine », a expliqué hier son père Jean-Jacques sur la chaîne française d'informations I-télé.
« Je pense que ce n'est pas sportivement qu'il a eu des problèmes mais dans sa vie privée où il s'est fait beaucoup de mal », a conclu Jean-Jacques Vandenbroucke. Dans son autobiographie Je ne suis pas Dieu publiée en 2009, le cycliste admettait être dépendant à des produits illicites et « n'avoir rien pu faire pour enrayer le processus destructeur ». Entre 2005 et 2007, il avait tenté de se suicider à trois reprises.
Mais l'espoir était récemment revenu. Et il déclarait en septembre : « Ma plus grande fierté est d'être toujours en vie. Maintenant, je veux redevenir un bon coureur en 2010. »

