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Liban - Les Libres Propos

Affaires courantes ? What else ?

Quatre mois pleins, ras-le-bol généralisé. À la majorité silencieuse en transhumance, un bien valeureux ministre accroche un grelot d'alarme. En donnant de la voix contre les préjudices du laisser-aller étatique. Il relève que le vide ministériel prolongé nuit beaucoup à un pays déjà exsangue. D'où nécessité, propose-t-il, d'aménager la règle limitant le champ d'un gouvernement en partance à l'expédition des affaires courantes. Afin qu'il soit autorisé à se réunir régulièrement, pour prendre décisions et décrets en ce qui urge. Homme de loi, il sait donc la dépasser quand l'intérêt collectif est en jeu.
Vox clamans in deserto, cela va sans dire. Avouons-le, cependant, c'est un peu tant mieux. Il serait, sans doute, exagéré d'afficher le cliché montrant un enfer pavé de bonnes intentions. Mais on peut présumer que le purgatoire est, pour sa part, tapissé d'illusions.
Ìllusion que de se fier à un gouvernement qui lors de son plein temps n'a réalisé que des contre-exploits de blocage improductif (cf. nominations, Conseil constitutionnel ou budget). Qu'en attendre, que voudrait-il entreprendre, en phase de temps mort ?
Illusion donc de voir ce volcan éteint, mais toxique, entrer en éruption fertilisante, passé le délai raisonnable qu'évoque le ministre. D'ailleurs, côté délai, il faudrait, en bonne logique, prévoir un début et une fin. Car autrement, solution commode, la classe politique clivée ne voudrait plus se casser la tête, et s'entrecasser le faciès, à coaguler un nouvel ectoplasme ministériel quand le montage déjà en place continue à faire l'affaire. À décider, à décréter ou, plus certainement, à paralyser l'État, toutes affaires courantes cessantes.
Illusion également qu'en touchant à la Constitution, en la retouchant, on n'ouvrirait pas les vannes pour un tsunami, terme cher aux prosyriens, prosélytes d'un nouveau régime politique. D'une IIIe République qui, malgré les illusions de certains de ses défendeurs, tournerait bien vite au totalitaire genre Damas, ou au théocratique genre Téhéran.
À ce propos, il est en outre illusoire d'estimer que les décideurs syriens et saoudiens ne trouveraient pas commode de laisser tout en l'état sur la scène libanaise, en prorogeant la fausse équipe libanaise présente. Doublement commode même : ils n'auraient plus à se décarcasser pour régler la crise sans fâcher leurs bons amis respectifs. Et, en cas de nouvelle bisbille entre eux, ils disposeraient d'un excellent combustible pour régler leurs comptes par Libanais interposés.
Cela étant, le tourisme d'été n'a pas trop souffert des affaires courantes. Et on peut supposer, quelque part, qu'elles nous ont un peu protégés d'une agression israélienne. Car, après les roquettes mystérieuses tirées du Sud, l'État hébreu a prévenu qu'il tiendrait désormais le gouvernement libanais pour responsable, pour peu qu'il y en ait dûment investi de pouvoirs. Courants.

Quatre mois pleins, ras-le-bol généralisé. À la majorité silencieuse en transhumance, un bien valeureux ministre accroche un grelot d'alarme. En donnant de la voix contre les préjudices du laisser-aller étatique. Il relève que le vide ministériel prolongé nuit beaucoup à un pays déjà exsangue. D'où nécessité, propose-t-il, d'aménager la règle limitant le champ d'un gouvernement en partance à l'expédition des affaires courantes. Afin qu'il soit autorisé à se réunir régulièrement, pour prendre décisions et décrets en ce qui urge. Homme de loi, il sait donc la dépasser quand l'intérêt collectif est en jeu.Vox clamans in deserto, cela...
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