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Nos lecteurs ont la parole

Au revoir mon très cher Liban

Karen MAALOUF
Mon très cher pays,

J'ai été agréablement surprise de voir ma lettre sur la circulation au Liban publiée dans L'Orient-Le Jour. Et je me réjouis de pouvoir dès mon arrivée en Allemagne leur montrer que les revendications justifiées sont prises en considération par les grands quotidiens libanais.
C'est le cœur gros que je quitte ce très cher pays, mais je suis plus que fière d'être née Libanaise, dans ce pays qui a un passé et un présent actifs, vivant, plein de contradictions et pourtant si attachant.
Merci pour ton soleil et pour ta mer (qui pourrait pourtant être un peu plus propre si chacun de nous faisait attention à cela).
Merci pour les bonnes mankoucheh et la bonne cuisine internationalement renommée et admirée.
Merci pour ce ciel bleu, qu'on voit chaque jour et qui, sans le remarquer, nous fait sentir mieux qu'ailleurs, un ailleurs, tel Francfort par exemple, où il fait gris pendant des semaines, où le ciel bleu et le soleil ne se montrent que rarement et où, par conséquent, l'humeur de tous ne peut être que maussade.
Merci pour ton cèdre fier, qui ne cesse de capter l'admiration des visiteurs.
Libanais, regardez ce ciel, ce soleil, cette mer, et pensez à ce pays merveilleux dans lequel vous vivez. Croyez-moi, partout il y a la misère, la vie dure, la solitude, les meurtres, l'injustice, le manque d'argent et de sécurité, le vol, un job dans lequel on n'est pas apprécié. Mais dites-vous une chose : il n'y a pas partout notre ciel libanais, notre soleil libanais, notre mer libanaise, nos montages libanaises, notre touche libanaise, nos mankoucheh, notre cuisine et bien d'autre éléments qui font la beauté de notre beau Liban.
À chaque fois je me dis : c'est facile de rejeter la faute sur les autres, d'accuser les gouvernements de carence. Pourtant je dirais à mes compatriotes : vous voulez une meilleure vie ? C'est à chacun de vous de faire un pas, et de le faire suivre par d'autres pas.
Vous voulez conduire sans avoir peur d'avoir un accident ? Conduisez calmement.
Si la saleté vous dégoûte, que ce soit dans les rues ou à la plage, ne jetez rien vous-même. Comportez-vous dehors comme vous vous comportez dans vos propres maisons.
Vous ne voulez pas être dupe ou volé ? Ne le faites pas vous-même.
Chacun de nous peut faire une différence. Nous ne devons pas attendre qu'une personne, un sauveur, un groupe prenne l'initiative de faire ce changement tant espéré et attendu. Comportez-vous envers les autres et envers votre pays, ses rues et son infrastructure, comme vous espérez que les autres le feront.
Si nous voulons le changement, nous pourrons l'effectuer, chacun de nous individuellement. Une vague de changement positif se produira alors.
Je t'aime, mon très cher Liban, malgré tout ton chaos et toute ta folie. J'aime ta variété de cultures, de religions, j'aime ta force de rester toujours debout. C'est parce que je t'aime que je t'écris cette lettre.
J'espère que bientôt sera votée la loi attribuant aux enfants nés de mère libanaise la nationalité de leur maman. Je serais si fière de savoir mes enfants allemands et libanais.
À très bientôt. Avec toute ma gratitude.

Karen MAALOUF
Mon très cher pays,J'ai été agréablement surprise de voir ma lettre sur la circulation au Liban publiée dans L'Orient-Le Jour. Et je me réjouis de pouvoir dès mon arrivée en Allemagne leur montrer que les revendications justifiées sont prises en considération par les grands quotidiens libanais.C'est le cœur gros que je quitte ce très cher pays, mais je suis plus que fière d'être née Libanaise, dans ce pays qui a un passé et un présent actifs, vivant, plein de contradictions et pourtant si attachant.Merci pour ton soleil et pour ta mer (qui pourrait pourtant être un peu plus propre si chacun de nous faisait attention à cela).Merci pour les bonnes mankoucheh et la bonne cuisine internationalement renommée...
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