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Liban - La Situation

Incertitudes sur l’impact local du sommet Abdallah-Assad

Alors même que l'échéance tant attendue - le sommet qui réunira cette semaine, cette fois c'est confirmé, le roi Abdallah d'Arabie saoudite et le président syrien Bachar el-Assad - est maintenant toute proche, et qu'elle devrait sinon hâter la formation du gouvernement, du moins éclaircir le brouillard au cœur duquel avancent les responsables locaux, c'est tout le contraire qui se produit. Selon le quotidien syrien al-Watan, « les discussions entre M. Assad et le roi Abdallah seront axées sur la nature des relations syro-saoudiennes et sur les problèmes qu'elles rencontrent ainsi que sur les dossiers régionaux. Il y a une volonté de placer désormais les différends entre les pays dans un cadre qui puisse constamment permettre de privilégier le dialogue (...) et de favoriser un minimum de solidarité arabe ». À terme, il s'agirait de parvenir à mettre sur pied une conférence à cinq regroupant la Syrie, la Jordanie, l'Arabie saoudite, l'Égypte et le Koweït et dont les travaux seraient axés, d'une part, sur le dossier irakien et, d'autre part, sur le processus de paix dans la région.
L'incertitude est plus que jamais reine, et même les plus directement concernés s'y perdent, à en croire une source proche du Premier ministre désigné qui exprimait hier le désarroi des conseillers de Saad Hariri face aux déclarations faites par Michel Aoun, sur le perron de la résidence de ce dernier, à Wadi Abou Jmil. « Il apparaît que personne n'est dans le secret des dieux, mais ce que nous savons, c'est que M. Aoun a veillé à préserver toutes ses cartes en avançant des propositions constructives, d'une part, et en posant des conditions quelque peu rédhibitoires, d'autre part », a ainsi indiqué la source précitée.
En fait, explique une source proche de Baabda, ce qui maintient l'ensemble des responsables dans le doute, c'est l'incertitude qui plane au niveau du rôle réel de la Syrie dans le dossier gouvernemental libanais. En clair, après avoir des années durant consolidé ses relations avec l'Iran, voilà que la Syrie tisse de nouveaux liens d'abord avec la Turquie, et aujourd'hui avec l'Arabie saoudite, après de longs mois de vive animosité - illustrée notamment par le boycott par le roi Abdallah du sommet arabe de 2008 organisé à Damas - un rapprochement qui, selon l'opposition, et plus précisément le Hezbollah, serait de nature à « préparer le climat adéquat à la naissance d'un gouvernement d'union nationale ». Or tout est dans le choix des mots. « Préparer » un climat ne suffit pas pour rendre possible, concrètement, la naissance d'un nouveau cabinet, surtout lorsque les citoyens n'en peuvent plus d'attendre qu'on leur offre ce qui n'est finalement que leur droit, voire leur dû. Le Hezb cherche également depuis quelques jours à minimiser considérablement l'importance du sommet de Damas en soutenant qu'il s'agit somme toute d'une réunion on ne peut plus ordinaire, et que, quoi qu'il en soit, la Syrie et l'Arabie saoudite se sont depuis un moment déjà mises d'accord pour « laisser aux Libanais le soin de gérer leurs affaires tout seuls ».
Toutefois, ces déclarations contredisent considérablement toutes celles de Nabih Berry qui a fait des relations syro-saoudiennes non seulement son leitmotiv préféré, mais aussi la condition sine qua non pour la naissance d'un gouvernement.
Côté majorité, on estime qu'en tout état de cause, « la Syrie n'est pas mécontente des attaques perpétrées contre le système politique libanais ». Il faut savoir, ajoute cette source, qu'aujourd'hui, seuls « les États-Unis et l'Iran ont le pouvoir de débloquer la situation, et personne ici n'est en mesure de dire où, quand et comment le feu vert iranien se manifestera ». Mais plus d'une source proche de Baabda a confirmé hier une évolution positive qui devrait avoir lieu en fin de semaine, soit après la tenue du sommet de Damas.
Toutefois, à l'heure qu'il est, toutes les déclarations en faveur de la concrétisation de la 15-10-5, comme l'a souhaité hier un responsable du mouvement Amal, ne sont plus très convaincantes. C'est d'ailleurs ce qu'a souligné hier dans son communiqué le parti Kataëb qui a choisi de ne pas se laisser bercer - berner ? - par « le climat en apparence positif, car tout est en train d'être mis en œuvre pour empêcher la formation d'un gouvernement fort et efficace ». Les Kataëb ne sont pas les seuls à se montrer sceptiques et hier, de Bkerké - lieu symbolique s'il en est -, le député Boutros Harb mettait en garde contre une volonté systématique de vouloir à tout prix mener les Libanais vers une situation dans laquelle il n'aurait plus d'autre choix que de s'atteler à trouver « des formules de substitution » qui viendraient remplacer le système existant, en l'occurrence celui de Taëf.
Henri Guaino, conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, qui a rencontré la plupart des responsables libanais ces deux derniers jours, a de son côté clairement dénoncé lors de ses réunions de travail le pourrissement qui s'installe et qui discrédite de plus en plus le capital politique du président de la République. Il a aussi rappelé que c'est la démocratie qui doit prévaloir en toutes circonstances. Ce rappel de deux éléments, certes évidents et totalement pertinents, tombe malheureusement dans plus d'une oreille qui demeurent, pour le moment, hermétiquement sourdes.
Alors même que l'échéance tant attendue - le sommet qui réunira cette semaine, cette fois c'est confirmé, le roi Abdallah d'Arabie saoudite et le président syrien Bachar el-Assad - est maintenant toute proche, et qu'elle devrait sinon hâter la formation du gouvernement, du moins éclaircir le brouillard au cœur duquel avancent les responsables locaux, c'est tout le contraire qui se produit. Selon le quotidien syrien al-Watan, « les discussions entre M. Assad et le roi Abdallah seront axées sur la nature des relations syro-saoudiennes et sur les problèmes qu'elles rencontrent ainsi que sur les dossiers régionaux. Il y a une volonté de placer désormais les différends entre les pays dans un cadre qui puisse constamment permettre...
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