Now Lebanon, c'est que la visite du roi wahhabite à Damas est « désormais acquise et ne peut être liée à de quelconques considérations régionales ou internationales », et c'est dans ce contexte que le chef du protocole saoudien est arrivé hier à Damas pour peaufiner les préparatifs en cours pour l'accueil du souverain.
Toujours dans la capitale syrienne, deux émissaires du président français Nicolas Sarkozy ont rencontré hier le président syrien Bachar el-Assad, a déclaré le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner. Il s'agit de Claude Guéant, secrétaire général de l'Élysée, et de Jean-David Levitte, conseiller diplomatique du président français. Les deux diplomates ont remis à M. Assad un message de son homologue français portant sur « les développements au Proche-Orient », selon l'agence officielle SANA. D'après la même source, M. Guéant a exprimé « la satisfaction de la France » quant à l'évolution des relations entre les deux pays, « qui se développent d'une manière constructive et très positive ».
Selon l'agence, le message du chef de l'État français à son homologue syrien portait, outre les relations bilatérales, sur « les derniers développements régionaux et les efforts déployés par la France et des parties régionales et internationales pour parvenir à une solution pacifique, juste, durable et globale » au Proche-Orient. Faut-il le rappeler ? Le chef de la diplomatie syrienne Walid Moallem s'était rendu au cours de la semaine écoulée à Paris, où il avait souligné avec son homologue Bernard Kouchner les « avancées bilatérales dans tous les domaines ». Hier, invité au Grand Jury RTL/Le Figaro/LCI, Bernard Kouchner n'a pas voulu voir dans cette visite de MM. Guéant et Levitte le signe qu'une partie de la diplomatie française lui échappait. « Je pense que la diplomatie française ne m'échappe pas, et je pense qu'on a tout lieu de se féliciter du retour dans l'arène mondiale de cette diplomatie française », a-t-il dit. Il a précisé que Claude Guéant s'était arrêté à Damas sur le chemin des émirats arabes. M. Kouchner, lui, est attendu cette semaine à Beyrouth, où, sous couvert de remplir une mission simplement « culturelle », il viendra parler politique avec les responsables locaux.
Être dans l'expectative ne signifie pas toutefois se noyer dans l'immobilisme. C'est en tout cas ce que semblent penser les principaux pôles des deux camps politiques rivaux. Selon une source informée, Saad Hariri devait poursuivre hier ses concertations au sein de l'alliance de la majorité, pendant que le quotidien al-Hayat soulignait que « des modifications concernant les noms des ministrables du mouvement Amal, du Hezbollah, du Courant patriotique libre et du Courant du futur devraient être apportées sous peu ». Du côté de l'opposition, il y a également des tractations qui ont lieu, notamment du côté de l'axe Sleiman Frangié-Michel Aoun, le premier estimant qu'il est grand temps de lâcher du lest pour permettre la naissance du gouvernement, alors que le second, assez serein car assuré du soutien inconditionnel du Hezbollah, ne semble pas prêt à ce qu'il considère être comme une énième concession. Toutefois, et selon Ibrahim Kanaan qui s'est exprimé hier sur la chaîne de télévision MTV, la dynamique lancée par Saad Hariri - qu'elle soit ou non destinée à gagner du temps en attendant le progrès enregistré sur le plan saoudo-syrien - est indéniablement la bonne car elle a permis d'aborder l'ensemble des dossiers importants auxquels le nouveau gouvernement sera par la suite confronté. Une manière aussi d'éviter de buter, sitôt le gouvernement formé, sur la teneur de la déclaration ministérielle. Oui, mais à force de vouloir discuter de tout, à n'importe quel prix, en-dehors de tout délai temporel raisonnable, les résultats concrets - en l'occurrence le gouvernement censé diriger le pays et l'empêcher de chavirer au moindre coup de vent - demeurent une chimère à laquelle très peu veulent aujourd'hui, encore, vraiment croire.

