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Liban - Texto

En cas de force divine…

Comme une prière lancinante, comme une vaine incantation que les Libanais se répètent, inlassablement : s'il y a une force divine quelque part au-dessus de nos têtes, faites qu'elle nous pousse, même contre notre propre gré, même s'il faut se faire violence, à tirer les leçons du passé. Faites qu'elle nous apprenne à nous extirper de cette stérilité politique presque légendaire qui nous colle à la peau comme une tare héréditaire dont il est impossible de s'extirper.
Et pourtant, malgré toutes les bonnes intentions du monde, malgré une fervente volonté de bien faire, de ne pas, cette fois, trébucher en entraînant tout un pays dans un gouffre sans fond, la maladresse des responsables politiques chargés de diriger ce pays reste monumentale. À cause de leur incapacité à se projeter dans le long terme, à cause de leur inaptitude à réaliser de réels et véritables compromis, ce pays est de moins en moins celui des Libanais. À trop le répéter, ce qui n'est au départ qu'un raisonnement totalement sordide finit par s'imposer en vérité incontestable. Certes, le contexte régional joue un rôle indéniable au sein de la vie politique libanaise. Certes, l'environnement direct influe de manière presque inévitable sur le cours de la situation politique locale. Mais il reste que le devoir prioritaire de tout dirigeant qui se veut à la hauteur de la mission qui lui incombe est justement de diriger son pays en l'empêchant de tomber dans le piège des considérations conjoncturelles régionales.
Or, fait assez singulier et inquiétant, c'est le raisonnement inverse qui prévaut, presque comme s'il était impensable, car techniquement impossible, de dépasser les aléas de la conjoncture régionale pour s'atteler à mettre en place un nouveau gouvernement dont la structure correspondrait, de près ou de loin, aux aspirations des Libanais. Depuis quelques jours déjà, et des deux côtés de l'échiquier politique, il y a ce climat positif, ou du moins serein, qui s'est imposé comme une évidence et de manière totalement indécente, alors que pas plus loin que la semaine dernière, la tension politique était à son comble et les divergences entre les deux camps semblaient devenir insurmontables.
Que s'est-il passé ? D'aucuns invoquent, comme une évidence, et, surtout, sans pudeur aucune, le dégel syro-saoudien. Mais alors, si ce raisonnement est juste, si tout cela est vrai, sans nuance aucune, il convient de se poser, et sûrement à juste titre, la question suivante : les Libanais n'ont-ils, dans leur élan démocratique du 7 juin dernier, élu que de simples pantins ?
Comme une prière lancinante, comme une vaine incantation que les Libanais se répètent, inlassablement : s'il y a une force divine quelque part au-dessus de nos têtes, faites qu'elle nous pousse, même contre notre propre gré, même s'il faut se faire violence, à tirer les leçons du passé. Faites qu'elle nous apprenne à nous extirper de cette stérilité politique presque légendaire qui nous colle à la peau comme une tare héréditaire dont il est impossible de s'extirper.Et pourtant, malgré toutes les bonnes intentions du monde, malgré une fervente volonté de bien faire, de ne pas, cette fois, trébucher en entraînant tout un pays dans un gouffre sans fond, la maladresse des responsables...
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