Le patrimoine immatériel, parfois menacé de dégradation ou de disparition, regroupe des pratiques, des connaissances ou des savoir-faire reconnus par des groupes ou des communautés comme faisant partie de leur patrimoine culturel. Il se manifeste par exemple dans les traditions et expressions orales, l'artisanat, les arts du spectacle, les pratiques sociales, les rituels ou les événements festifs. Selon l'Unesco, il vient compléter les listes du patrimoine mondial qui comprennent des centaines de sites naturels et culturels.
La tradition argentine et uruguayenne du tango, aujourd'hui renommé dans le monde entier, est née au début du XXe siècle dans les milieux populaires des villes de Buenos Aires et de Montevideo, dans le bassin du Rio de la Plata, le fleuve qui sépare l'Argentine de l'Uruguay, note l'Unesco sur son site Internet. « Dans cette région où se mêlent des immigrants européens, des descendants d'esclaves africains et des autochtones, les criollos, a émergé un mélange hétéroclite de coutumes, de croyances et de rituels qui s'est mué en une identité culturelle caractéristique », poursuit l'organisation de l'ONU pour l'éducation, la science et la culture. « Pratiqué dans les salles de danse traditionnelle de Buenos Aires et de Montevideo, le tango répand aussi dans le monde entier son esprit communautaire, tout en s'adaptant aux évolutions du monde avec le temps », ajoute l'organisation.
La réunion d'Abou Dhabi devait examiner les candidatures de 76 biens immatériels. Celle du tango a été la première à être traitée. « L'Argentine et l'Uruguay, États membres de l'Unesco, ont proposé ensemble la nomination du tango, au nom des villes de Buenos Aires et Montevideo, qui sont les lieux de naissance, de tradition et de passion du tango », a déclaré l'ambassade d'Argentine à Abou Dhabi dans un communiqué. Le tango regroupe la danse, mais aussi la musique, la poésie et la chanson, a-t-on ajouté.
« C'est un hommage à tous ceux qui ont soutenu le tango depuis sa création, et qui ont transmis la poésie et la danse de génération en génération », a estimé Hernan Lombardi, responsable de la culture pour la ville de Buenos Aires, commentant cette inscription au patrimoine de l'Unesco.
Parmi les pratiques figurant déjà sur la liste des biens immatériels de l'Unesco figurent le carnaval d'Oruro en Bolivie, les dessins sur le sable du Vanuatu, le théâtre Nogaku au Japon, le patrimoine oral du Guélédé (Bénin, Nigeria et Togo) ou le théâtre sicilien de marionnettes de l'Opera dei Pupi. Début 2008, le président français Nicolas Sarkozy avait envisagé de demander l'inscription de la gastronomie française à cette liste du patrimoine immatériel. Mais la candidature n'a finalement pas été présentée à cette session d'Abou Dhabi.


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