« When I was just a little girl, I asked my mother what will I be ? Will I be pretty ? Will I be rich ? Here's what she said to me... Que sera sera, whatever will be will be, the future's not ours to see, que sera sera. » Quand je serai grand. Je serai pompier, policier, avocat, médecin (comme papa), infirmière, maîtresse (d'école), journaliste, chanteuse, actrice. Je serai champion de tennis, pilote de Formule 1, joueur de foot. Je serai milicien, soldat, député. Je serai riche, millionnaire, milliardaire. Je serai belle, blonde, grande, rousse, baraqué, musclé, sexy. Quand je serai grand, je conduirai une Porsche, une Ferrari, une Aston Martin. J'habiterai un château, un manoir, une villa, le palais de Baabda. Et que suis-je devenu une fois grand ? Ils sont passés où, mes rêves d'enfants ? À quoi pense-t-on quand on ferme les yeux le soir ? De quoi/de qui a-t-on encore envie ? Neuf personnes sur dix ne font pas le métier dont elles avaient rêvé. Neuf personnes sur dix ne sont pas satisfaites du destin professionnel qu'elles ont emprunté. Neuf personnes sur dix. C'est beaucoup. Beaucoup trop. C'est que la future princesse est devenue coiffeuse, que le wanna be pilote d'avion est commercial dans une boîte qui vend des parquets et que passer huit heures par jour derrière un bureau est beaucoup moins glam que de se dorer les fesses sur un yacht à la Barbade. Il n'y a pas de sot métier. Mais comme dirait l'autre, dans la vie on fait ce qu'on peut, pas ce qu'on veut. Le voilà le grand hic. On fait ce qu'on peut. On fait pitié parfois. De notre mieux souvent. Ce qu'on veut rarement. Est-on heureux ? A-t-on exaucé nos vœux ? A-t-on pris le bon chemin ? A-t-on épousé la bonne personne ? A-t-on dit ce qu'il fallait ? Les questions que l'on se pose sont sans fin. Le matin au réveil, lorsqu'on s'extirpe d'un rêve langoureux, on se demande. Lorsqu'on accompagne les enfants à l'école, on se demande. Une fois arrivés au bureau, on se demande. Quand on rentre dans les embouteillages, on se demande. Le soir venu, on se demande. Quand on s'endort, on se demande. On y répond de temps à autre. Et souvent, on oublie. On oublie de rêver. On oublie nos velléités de bonheur dans un quotidien malheureusement trop routinier. On oublie tout simplement de rêver. Pourtant les occasions ne manquent pas. Quand, au beau milieu de la nuit, on écarquille les yeux et que l'on tente de se reblottir dans les bras de Morphée, on se laisse aller parfois à de belles rêveries. Et si demain, je rencontrais l'homme idéal. Si demain, sur le chemin de la fac, je tombais sur elle. Si demain j'avais une augmentation. Si demain on m'appelait pour me dire que le bureau est fermé et que je pouvais m'octroyer une journée de repos... Quand un morceau de musique passe à la radio alors qu'on est en route, on se laisse prendre au jeu des fantasmes. Si ce soir j'allais danser. Si ce soir j'allais prendre un verre derrière une porte verte. Si ce soir je tentais le premier pas. Si ce soir... Quand on regarde un film. Une comédie romantique. Une histoire d'amour. Un baiser. On sourit. On pleure. On s'imagine. On fantasme. Et si je prenais mon téléphone. Si j'osais appeler. Si j'osais envoyer un message, un mail, une lettre. Puis on ferme les yeux. On s'endort. Se rêvant ailleurs. S'imaginant amoureux. Au Brésil. À Paris. Avec Sophie. Avec Nadim... Parce que quand je suis grand, je rêve encore. Je serai bientôt encore plus grand. Alors je rêve encore. Jusqu'à la dernière minute je rêverai. Encore et encore. Je continuerai à espérer autre chose. Je ne serai pas blasé. J'attendrai ce voyage avec joie. J'achèterai cette voiture avec plaisir. Je chercherai un appartement plus grand avec excitation. Je dévorerai ce livre avec bonheur. J'irai à ce dîner avec entrain. Je rencontrerai de nouvelles têtes avec curiosité. Je savourerai ce champagne avec délicatesse. Parce que je rêve encore. Je rêve les yeux grands ouverts. L'esprit ouvert. La bouche ouverte pour goûter aux plaisirs de la vie. Je rêve encore. À chaque instant qui passe. Chaque fois que j'entends quelqu'un rire. Chaque fois que mon fils me dit que je suis la plus belle. Chaque fois qu'on me dit qu'on m'aime. Chaque fois que je vois les autres rêver. Chaque fois que je le peux. Si dans la vie on ne fait que ce qu'on peut. Dans le rêve, on ne fait que ce que l'on veut.
« When I was just a little girl, I asked my mother what will I be ? Will I be pretty ? Will I be rich ? Here's what she said to me... Que sera sera, whatever will be will be, the future's not ours to see, que sera sera. » Quand je serai grand. Je serai pompier, policier, avocat, médecin (comme papa), infirmière, maîtresse (d'école), journaliste, chanteuse, actrice. Je serai champion de tennis, pilote de Formule 1, joueur de foot. Je serai milicien, soldat, député. Je serai riche, millionnaire, milliardaire. Je serai belle, blonde, grande, rousse, baraqué, musclé, sexy. Quand je serai grand, je conduirai une Porsche, une Ferrari, une Aston Martin. J'habiterai un château, un manoir, une villa, le palais de Baabda. Et que suis-je devenu une fois grand ?...
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