Le conseil présynodal s'est réuni au cours des deux derniers jours, au siège de la secrétairerie générale du synode des évêques, à Rome, pour lancer les préparatifs de la rencontre, selon Mgr Nikola Eterovic, secrétaire général du synode des évêques.
Ont pris part à la réunion les patriarches Nasrallah Pierre Sfeir, Emmanuel III Delly, Antonios Naguib, Grégorios III Laham, Nerses Bedros XIX Tarmouni et Fouad Twal, ainsi que les cardinaux Ivan Dias, Walter Kasper, Jean-Louis Tauran et Leonardo Sandri. Le patriarche Ignace Youssif III Younan a désigné Mgr Jules Mikhael al-Jamil pour le représenter.
Selon Mgr Eterovic, il y aura aussi l'archevêque Ramzi Garmou, président de la conférence épiscopale iranienne, Mgr Luigi Padovese, président de la conférence épiscopale turque, et quelques experts.
L'annonce du synode pour le Moyen-Orient, a expliqué le secrétaire général, « n'est pas en soi une surprise. Depuis de nombreuses années, les pasteurs de cette région réfléchissent sur l'opportunité de le lancer. C'était une idée qui circulait avec insistance. Mais l'accélération décisive est venue du voyage de Benoît XVI en Terre sainte en mai dernier ».
À l'ordre du jour de la réunion qui commence ce lundi, il y a « les indications du pape sur les perspectives de dialogue pour une coexistence pacifique dans cette région tourmentée, en tenant compte des réalités de chaque pays ».
Le synode se déroulera dans la traditionnelle « aula nuova » au Vatican. « Il durera une semaine de moins que d'habitude. Il est encore prématuré de penser à la liste et au nombre de participants, les critères doivent être établis. Bien sûr, comme les pasteurs du Moyen-Orient seront les premiers protagonistes, on percevra la dimension universelle de l'Église ».
« Une question particulièrement importante, a-t-il ajouté, concernera l'implication des juifs et des musulmans. Nous ne connaissons pas encore les modalités, mais il est évident qu'il faudra tenir compte de la réelle complexité du Moyen-Orient. Le synode n'est pas "contre" quelqu'un, mais il est un espace de dialogue ouvert qui vise à la communion et à la paix, dans la justice et dans la vérité. Nous trouverons sûrement le moyen d'entendre les voix du monde juif et musulman. »
Le dialogue et la confrontation « avec les autres religions et les autres cultures » seront, pour Mgr Eterovic, un des thèmes centraux du synode, « qui devra partir d'une réflexion interne à l'Église, pour renforcer la communion ecclésiale ».
« Pour les thèmes plus spécifiques, a-t-il poursuivi, il faut attendre la publication des Lineamenta. Je suis sûre qu'il y aura une contribution à la réconciliation, faisant suite aux paroles et aux gestes du pape qui, en mai, en Terre sainte, a ouvert de nouveaux horizons dans le chemin de paix complexe et exigeant, dans le respect des droits et des devoirs de tous. »
Par ailleurs, le texte des Lineamenta « sera préparé dès que possible, d'ici à la fin de l'année ». « Ce sera un document bref, parce que nous avons peu de temps à notre disposition, et nous voulons aussi que les communautés aient l'opportunité d'en discuter ».
Pour l'Instrumentum laboris, « il faudra attendre Pâques. Le texte sera aussi plus court et cherchera à aller directement à l'essentiel ».
Le secrétaire général a enfin relevé « le caractère exceptionnel d'un synode régional. Jusqu'ici, des synodes continentaux se sont déroulés et seuls deux d'entre eux avaient concerné directement des pays, à savoir les Pays-Bas et le Liban ».

