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Nos lecteurs ont la parole

Chronique d’un échec annoncé

Paul Ph. EDDÉ
Pendant qu'à Téhéran l'opposition à la réélection d'Ahmadinejad ne désarme pas, un appui délirant lui a été réservé dans sa province iranienne du Liban-Sud, en présence des ambassadeurs d'Iran et de Syrie assis côte à côte, soudés par les mêmes fantasmes obstructionnistes. Dans son discours du 18 septembre officialisé par la représentation de tout ce qui existe politiquement au Liban, sayyed Hassan Nasrallah - porte-parole autoproclamé de la Oumma -, arrimé à ses fusées « qui peuvent détruire la moitié de l'armée israélienne », encensait Ahmadinejad, « fournissant une aide considérable, politique, financière et dans tous les domaines... », et martelait tout comme lui : « Israël est une tumeur cancéreuse et doit disparaître ». Cependant, entre satisfecit, réprimandes et prévisions divines, il absolvait la Syrie-sœur pour ses pourparlers avec la « tumeur » et ne se gênait guère pour renvoyer aux calendes grecques la formation du gouvernement libanais.
Ainsi vont les couacs dans ce pays bunkerisé - militairement et culturellement -, en voie de décomposition accélérée. Décidément, nous nous aimons de moins en moins et idolâtrons de plus en plus les pythies d'ailleurs. Nous sommes entrés dans une période d'immense incertitude. Mais le décor de notre tragédie n'était-il pas planté ? Nous avons le personnel politique momifié que nous plébiscitons inlassablement : les nombrilistes, les cassandres, les azimutés du cortex, les remueurs de boue, les panurgistes, les retourneurs de veste menacés par leur narcissisme et soldant leurs idéaux, ceux qui naviguent sans morale sur les eaux de leur réussite financière, ceux qui espèrent gagner du temps et entretenir l'espoir là où il n'y en a pas... et nous, incorrigibles rêveurs ou irrécupérables imbéciles, ignorant l'invasion d'un crétinisme contagieux. Avons-nous jamais su distinguer les hommes d'État des hommes d'estrade ?
Comment occulter les injonctions extérieures phagocytant les neurones anémiés de nos génies politiques et rendant quasiment impossible l'émergence d'une décision « libanaise » ? Ce sont eux, les téléguidés, les « externes », qui constituent la majorité tant convoitée. Comment également fermer les yeux sur l'émergence dans notre République fantasmatique d'un fait accompli : un État puissamment armé - ostracisé par la communauté internationale -, métastase d'une théocratie étrangère médiévale, une poudrière exposant le Liban à la vindicte israélienne chronique, et prêt à allumer la mèche d'un cataclysmique embrasement sunnito-chiite sur le modèle irakien ? Peut-on enfin ne pas constater la prolifération d'indélogeables camps palestiniens d'obédiences différentes, tous armés, tous terroristes en puissance, élevés sur le terreau de leur dénuement et de leurs idéologies revanchardes et dévoyées ?
Montherlant disait que « l'on fait l'idiot pour plaire aux idiots, ensuite on devient idiot sans s'en apercevoir ». En fait, si le ridicule tuait, les rues du Liban seraient désertes.
Alors comment nous en sortir, enfermés que nous sommes dans un perpétuel mensonge ? Continuerons-nous à parcourir notre vie avec des plaies béantes - en quête de dérisoires palliatifs - en sachant pertinemment que ces stigmates ne se refermeront jamais ? Nous courons au suicide sans nous en apercevoir. Si seulement nous pouvions mesurer le dérisoire de nos comportements !
À nos politiciens - indélogeables ou clonés - nous rappellerons ce mot de Chateaubriand : « Vous qui aimez la gloire, soignez votre tombeau ; couchez-vous y bien ; tâchez de faire bonne figure, car vous y resterez. »

Paul Ph. EDDÉ
Pendant qu'à Téhéran l'opposition à la réélection d'Ahmadinejad ne désarme pas, un appui délirant lui a été réservé dans sa province iranienne du Liban-Sud, en présence des ambassadeurs d'Iran et de Syrie assis côte à côte, soudés par les mêmes fantasmes obstructionnistes. Dans son discours du 18 septembre officialisé par la représentation de tout ce qui existe politiquement au Liban, sayyed Hassan Nasrallah - porte-parole autoproclamé de la Oumma -, arrimé à ses fusées « qui peuvent détruire la moitié de l'armée israélienne », encensait Ahmadinejad, « fournissant une aide considérable, politique,...
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