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Liban - La Situation

Sleiman s’envole pour New York en l’absence de toute perspective gouvernementale

Comme le notait hier Samir Frangié au cours d'un entretien accordé à la chaîne de télévision LBCI, « ce n'est plus ni important ni constructif d'exprimer son dégoût à l'égard de la situation politique » qui prévaut actuellement car il faut à présent « proposer quelque chose » pour sortir le pays de ce qui ressemble désormais à s'y méprendre à un cercle vicieux. À l'heure qu'il est, toutefois, force est de constater que ni du côté de la majorité ni du côté de l'opposition il n'existe de propositions constructives et viables capables de redonner espoir à des citoyens qui ont abandonné l'idée de vivre au sein d'un État de droit soucieux de ses obligations à leur égard.
Hier soir, c'est dans ce climat alourdi par un long week-end de festivités marquant la fin du ramadan et par une tempête automnale d'une rare violence que le président de la République Michel Sleiman faisait ses bagages pour New York à la tête d'une chétive délégation libanaise composée du ministre des Affaires étrangères sortant Faouzi Salloukh et du ministre d'État sortant Nassib Lahoud. En réfléchissant une dernière fois à ce déplacement onusien, M. Sleiman a sûrement dû mesurer la difficulté de la tâche qui l'attend au siège des Nations unies où il doit veiller à faire élire le Liban au siège très convoité de membre non permanent du Conseil de sécurité, où, en plus des 5 membres permanents, 10 membres sont choisis pour un mandat de deux ans. Chaque année ils sont renouvelés par moitié par un vote à la majorité des deux tiers de l'Assemblée générale et les membres sortants ne sont pas immédiatement rééligibles. M. Sleiman arrive donc à New York en ayant pour mission presque impossible de donner de son pays une image reluisante alors que les différents pôles locaux sont incapables de s'entendre sur la composition d'un nouveau cabinet près de trois mois après les résultats du scrutin législatif. Des élections d'ailleurs scrutées de très près par les observateurs européens qui ont rédigé un rapport remis pas plus tard qu'hier par le chef de la mission d'observation des élections, José Ignacio Salafranca, au ministre de l'Intérieur Ziyad Baroud et au président de la République.
Commentant le statu quo qui s'éternise, Samy Gemayel faisait en outre valoir hier depuis le Canada, où il effectue une visite de quelques jours, que « l'incapacité libanaise à former un gouvernement est une preuve de l'échec du système politique ». Il a ainsi appelé à la tenue d'une conférence nationale qui permettrait à « tous les Libanais » de discuter des grandes questions telles que les armes du Hezbollah, la représentation politique de la communauté chrétienne et les appréhensions de cette dernière. Mais si une telle volonté de remise en question existait réellement, les problèmes politiques auxquels le Liban est actuellement confronté ne seraient pas si endémiques.
À New York donc, Michel Sleiman prononcera le 25 septembre une allocution dans laquelle il mettra l'accent sur le droit des réfugiés palestiniens à retourner dans leur pays, la nécessité de respecter et d'appliquer les résolutions onusiennes et le droit du Liban de demander la libération de la moindre parcelle de son territoire, ainsi que, d'autre part, la redynamisation de l'initiative arabe de paix. En marge de sa tournée, il rencontrera très probablement le président américain Barack Obama, bien que ce rendez-vous ne soit pas, à l'heure qu'il est, confirmé. Également à l'ordre du jour, une réunion entre M. Sleiman et le président français Nicolas Sarkozy. Le président de la République sera de retour samedi soir, mais le Premier ministre désigné Saad Hariri regagnera, lui, Beyrouth jeudi prochain, date à laquelle il amorcera les concertations tendant à former le nouveau gouvernement.
À propos de ce très hypothétique nouveau cabinet, aucun signe avant-coureur de déblocage n'est encore apparu à l'horizon, chacun des deux camps - l'opposition et la majorité - prétextant des échéances et des problématiques plus ou moins régionales et plus ou moins imminentes pour justifier l'immobilisme politique actuel. Certaines propositions diffuses ont cependant émergé. L'une d'entre elles évoque la possibilité de mettre en place une formule ministérielle restreinte comprenant un nombre très limité de ministères, à l'instar de ce qui s'était produit en 1958. Une autre idée serait de mettre sur pied un gouvernement mixte, c'est-à-dire simultanément composé de pôles politiques et de technocrates. Toutefois, à l'heure qu'il est, toute volonté politique d'adopter l'une ou l'autre de ces solutions demeure absente. Le sort du Liban, à moyen et long terme, est de rester une carte aux mains des puissances régionales, tout simplement parce que les Libanais eux-mêmes préfèrent qu'il en soit ainsi.
Comme le notait hier Samir Frangié au cours d'un entretien accordé à la chaîne de télévision LBCI, « ce n'est plus ni important ni constructif d'exprimer son dégoût à l'égard de la situation politique » qui prévaut actuellement car il faut à présent « proposer quelque chose » pour sortir le pays de ce qui ressemble désormais à s'y méprendre à un cercle vicieux. À l'heure qu'il est, toutefois, force est de constater que ni du côté de la majorité ni du côté de l'opposition il n'existe de propositions constructives et viables capables de redonner espoir à des citoyens qui ont abandonné l'idée de vivre au sein d'un...
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