Il est partout, le mazout : dans les tuyaux d'échappement des camions, des bus, de certains tacots tout juste bons pour la casse. Il est là, sur les routes de montagne, sur les autoroutes, qui vous rentre par le nez directement dans les poumons, surtout si vous êtes coincés dans les embouteillages.
Rien n'a changé depuis la guerre : coupures d'électricité et d'eau, ronron des générateurs... Les effluves de mazout, des narguilés, des barbecues pénètrent jusque dans nos maisons, du café du rez-de-chaussée pour 30 ans. Sans compter la musique arabe à tue-tête, en week-end.
Il nous arrive de nager dans des nappes de mazout à cause des moteurs des bateaux, des canots, jet-skis, etc.
Pour couronner le tout, l'essence et le mazout ont renchéri. D'après certains touristes américains amis, d'origine libanaise, l'essence chez nous est plus chère qu'aux États-Unis. Vernis je vous dis, nous sommes vernis.
Le bluff du bac technique
Ces quelques mots, en ce début d'année scolaire, sont dédiés à toutes, à tous ceux qui croient qu'après le brevet, choisir de continuer ses études en optant pour le bac technique pourra leur ouvrir de larges horizons. Attention, c'est un piège que vous offrent mêmes les grandes écoles réputées pourtant pour être sérieuses. Deuxième génération en bac technique en animation sociale - une trentaine d'élèves pour tout le Liban -, nous avions été convaincus il y a trois ans par les responsables de notre école que cette spécialisation, pourtant nouvelle, pourra, grâce à des équivalences assurées, nous permettre à l'avenir de choisir d'autres spécialisations que le social.
Notre promotion a presque entièrement réussi, mais grande fut notre déception - et après un retard interminable dans la remise des diplômes - de voir qu'on ne pouvait continuer dans les universités que dans deux domaines seulement, soit en animation sociale, soit en sociologie. De plus, l'équivalence délivrée par notre cher ministère de l'Éducation (où vous ne trouverez d'ailleurs aucun responsable pour répondre à vos questions) devrait être effectuée par poste. Si aujourd'hui je m'estime chanceuse de continuer dans la sociologie, pour d'autres élèves un avenir sombre se dessine. C'est pour cela que je conseille à tous ceux qui optent pour le bac technique de bien réfléchir, d'enquêter avant de faire un saut dans l'inconnu. Et de laisser les fausses promesses à nos seuls politiciens.
Du discours politique
Le général Aoun, qui a longtemps défendu les libertés fondamentales au Liban, s'attache aujourd'hui à vouloir les détruire systématiquement. Ses attaques continues contre les médias, son refus total de la critique, sa dévalorisation de toutes les autorités, religieuses ou politiques, sont symptomatiques de sa soif de pouvoir.
Malheureusement, le « roi qui ne participera pas à la création des rois » nuit d'une manière constante à la qualité du discours politique libanais. Le recours à un style agressif caractérise toute apparition médiatique du général, portant atteinte à la culture politique libanaise et à la volonté de négocier avec le Courant patriotique libre.
Jamais dans l'histoire du Liban, pas même durant les pires années de la guerre, nous n'avons assisté à une telle dégradation du discours politique. Pourtant, à « force de forger... », l'agression verbale de certains leaders s'institutionnalise. Heureusement qu'il existe encore des hommes d'État de l'étoffe du Premier ministre Fouad Siniora qui, malgré les attaques quotidiennes qui ciblent sa personne, ne perd pas son calme.
En 1943, deux grands de l'histoire du Liban, Béchara el-Khoury et Riad el-Solh, ont conclu le Pacte national, traditionnellement décrit comme la charte constitutive du Liban. L'originalité de ce pacte demeure dans sa forme orale, soutenue par la parole d'hommes politiques responsables qui, malheureusement, se font de plus en plus rares.


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef