Parallèlement, le nom de Brigitte Bardot se réduit vite à deux initiales « B.B. » qui font le tour du monde. À la sophistication hollywoodienne d'une Ava Gardner, ou du sex-appeal de Sophia Loren qui incarne aussi la mamma italienne, Bardot oppose un érotisme instinctif. Visage de femme-enfant, moue boudeuse, chignon « choucroute » et robe vichy : BB fait des ravages auprès des hommes mais aussi de la gent féminine qui adopte son look. Jusqu'aux féministes qui se sont emparées du phénomène. Pour Simone de Beauvoir, Bardot « ne fait que ce qui lui plaît et c'est cela qui dérange ».
En une vingtaine d'années, elle tourne une quarantaine de films dont beaucoup de navets et quelques films qui font date : En cas de malheur de Claude Autant-Lara (1958), La vérité d'Henri-Georges Clouzot (1960) ou encore Le Mépris de Jean-Luc Godard (1963). Avec Vie privée de Louis Malle (1961), fiction et réalité se mélangent. Le scénario est calqué sur la vie de l'actrice qui n'a plus rien de privée depuis longtemps : plus de 250 photographes et journalistes guettent la naissance de son fils Nicolas en 1960. Dans Initiales B.B., son premier livre de Mémoires publié en 1997, elle raconte l'enfer quotidien des paparazzi et l'achat de « La Madrague », une maison à Saint-Tropez, où elle espérait trouver la tranquillité...
L'actrice reconnaîtra avoir connu plusieurs périodes de dépression. Elle avouera également ne pas avoir été capable de s'occuper de son fils, élevé par son ex-mari l'acteur Jacques Charrier. Bardot aura une brève carrière de chanteuse, née de son histoire d'amour avec Serge Gainsbourg rencontré en 1967 et qui lui signera des tubes (Harley Davidson, Initiales BB, etc). C'est pour elle qu'il écrit Je t'aime moi non plus.
En 1973, Bardot quitte le cinéma sans l'ombre d'un regret (« Je m'assois sur le mythe Bardot », dit-elle souvent) pour épouser la cause de sa vie : la défense des animaux. Le monde entier découvre son engagement en 1977 lorsqu'elle pose allongée sur la banquise canadienne pour stopper le massacre des bébés phoques. Depuis, elle monte sur tous les fronts pour dénoncer la corrida, la chasse, le port de la fourrure, etc. n'hésitant pas à frapper à la porte des dirigeants français et européens. Elle crée sa propre fondation en 1986 à qui elle donne son nom, son temps et son argent.
Son franc-parler - et notamment sa misanthropie déclarée - lui attire de nombreuses railleries. Son mariage avec un proche de Jean-Marie Le Pen, le président du Front national, est montré du doigt. Mais Bardot, dont le buste a été choisi en 1969 pour incarner la Marianne républicaine dans les mairies, affirme être avant tout de droite.


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