Donnant sans doute le ton de l'attitude qu'adoptera l'opposition au cours de la prochaine étape, le député Nawwaf Moussaoui, membre du bloc parlementaire du Hezbollah, a affirmé en substance, au cours d'un iftar à Tyr, que sans gouvernement d'union nationale, il ne saurait y avoir de stabilité dans le pays. « L'option du gouvernement consensuel constitue le bon choix, et toute autre option entraînerait le Liban sur la voie de l'instabilité », a déclaré M. Moussaoui qui a fait état dans ce cadre d'« un climat qui pointe à l'horizon, semblable à celui qui régnait à la veille de l'élection du président consensuel », précisant qu'un tel climat émane de « la partie américaine et de certains pays arabes ».
Évoquant les circonstances de la désignation de Saad Hariri (qui n'a pas été soutenu par le tandem chiite), M. Moussaoui a déclaré : « Il aurait été préférable que le Premier ministre soit désigné sur une base conforme au pacte afin que sa désignation revête un aspect national global ne se limitant pas à une simple faction. Mais maintenant que la désignation a eu lieu, la formation (du gouvernement) devrait prendre en considération les réalités libanaises. »
M. Moussaoui a mis l'accent en outre sur « l'attachement à l'accord de Taëf, du fait qu'il consacre au niveau constitutionnel la fin de toutes les tentatives de monopole du pouvoir, sans compter qu'il prévoit que tout gouvernement qui serait formé devrait être consensuel ». Après avoir déclaré que « l'opposition sera représentée (au gouvernement) par un seul bloc, ou ne se fera pas représenter du tout », M. Moussaoui a déclaré au sujet de l'attitude du tandem chiite : « La position du président Berry (concernant la désignation du Premier ministre) a été très claire. Si le président du Conseil désigné avait défini sa position au sujet de la formation d'un gouvernement d'union nationale, sa désignation aurait été conforme au pacte et n'aurait pas été basée uniquement sur le nombre » (de députés ayant désigné M. Hariri). En conclusion, le député du Hezbollah a souligné que « l'entente politique est nécessaire pour éviter tout dérapage sécuritaire ».
Abondant dans le même sens, le ministre sortant des Télécoms et membre du directoire du CPL, Gebran Bassil, a lui aussi affirmé que « sans gouvernement d'union nationale prenant en considération toutes les factions, il ne saurait y avoir de pouvoir capable d'assurer l'intérêt et l'unité du pays, ainsi que le partenariat » (dans l'exercice du pouvoir).
De son côté, le député Anouar el-Khalil, membre du bloc Berry, a déclaré que « Saad Hariri sait parfaitement que la seule formule (ministérielle) envisageable est celle d'un gouvernement assurant l'unité nationale afin de faire face aux défis ». Il a par ailleurs affirmé qu'un « gouvernement de technocrates ne serait pas en mesure de relever les défis auxquels a fait allusion le Premier ministre désigné ».


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