Le directeur du musée, Jaki Sustic, explique que la distance idéale pour bien voir un bonsaï est de deux mètres. La forme du tronc est des plus variées : il peut être droit comme un bâton, penché comme battu par le vent, cascadant par-dessus le bord de son récipient, ou encore élégamment noueux. Il doit être partiellement voilé de feuillages. C'est ce qui fait sa beauté singulière. La plupart du temps, ses branches sont disposées asymétriquement : la plus haute est à droite et une autre, d'une plus petite dimension, à gauche. Et le reste suit ainsi. À noter que, souvent, les branches sont inclinées vers l'extérieur, dans une attitude d'accueil.
« Un bonsaï
n'est jamais terminé »
On remarque aussi que chaque bonsaï comporte une date. L'une, ayant trait à un pin rouge, est ainsi formulée : « En exercice depuis 1975. » Ce n'est pas là son âge, mais le moment où il a été extrait de la nature pour commencer sa vie de bonsaï. Parmi les plus anciens, un pin blanc ayant 400 ans et qui a survécu au bombardement d'Hiroshima. « Un bonsaï n'est jamais terminé », précise Sustic.
Pas besoin d'outils sophistiqués (juste des pinces concaves et divers ciseaux) pour créer des paysages de petit format, mais d'un bon partenariat avec les arbres et de la patience. C'est un art qui permet à son auteur de s'inspirer de l'ordre naturel de la vie.
La pratique de faire pousser des arbres ainsi stylisés remonte à l'époque ancienne des moines bouddhistes voyageant de la Chine au Japon, avec dans leurs bagages leurs jardins miniatures appelés penjings. Au VIe siècle avant J-C, la culture chinoise a été incorporée dans la vie au Japon. Mais c'est ce dernier pays qui a fait connaître au monde cet art, qu'il a nommé bonsaï. La première exposition de bonsaïs hors d'Asie avait eu lieu à Londres en 1909. Son entrée en Amérique s'est faite en 1950 par le biais du personnel US en stationnement au Japon.


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