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Nos lecteurs ont la parole

Les lecteurs ont voix au chapitre

Crises gouvernementales


C'est dans les années soixante, et après l'échec du coup d'État PPS que commencèrent nos crises gouvernementales dues aux ingérences étrangères. Le 20 juillet 1965, dans les colonnes de L'Orient on pouvait lire qu'une heure seulement avant le scrutin par lequel la Chambre allait déléguer des pouvoirs spéciaux à son cabinet, hajj Hussein Oueyni démissionna pour laisser au président Karamé la tâche de former un gouvernement extraparlementaire de 10 membres. Remanié le 31 janvier 1966, ce cabinet, à la suite du licenciement de quatre magistrats, démissionnera le 28 avril et cédera la place au président Abdallah Yafi. Puis, face au scandale de la banque Intra, Yafi et Karamé se succéderont durant plus de trois ans, et le pays vivra de plus en plus des crises constitutionnelles et sociales, prélude à la guerre civile. Avec l'accord du Caire, ce sera le coup de grâce. Sous le mandat du président Frangié, en 1970, ce sera Saëb Salam qui formera un cabinet d'extrapolitiques. À cause du climat d'insécurité régionale, divers gouvernements seront impuissants face aux bagarres armées entre Kataëb et PPS, puis aux affrontements entre armée et fedayine. Enfin, ce sera le tour de Takieddine Solh d'être désigné, mais il lui faudra 88 jours pour former son gouvernement...
Plus de trente-six ans après, il est regrettable de voir nos responsables gouverner avec la même mentalité. Nous revoilà, après plus de quatre-vingts jours de concertation, toujours sans gouvernement. Le sort des Palestiniens sur le sol libanais est toujours sans issue. Et pour nos responsables, ce sont toujours les noms de certains ministres qui sont beaucoup plus importants que le programme à appliquer.

Antoine SABBAGHA

Samy Khayat : quel talent !

 

Vendredi 11 septembre, sur les planches du Théâtre Monnot, j'ai revu Samy Khayat dans son nouveau one-man-show plus vif et plus percutant que jamais. Leste  quand il danse et dynamique quand il arpente la scène en épousant le caractère des personnages qu'il imite, toujours créatif à l'extrême. On aurait pu facilement imaginer l'original prononçant les mêmes paroles et faisant les mêmes gestes. Sa 45e pièce est un concentré de talents qu'il a fait mûrir durant les 50 dernières années et qu'il a enrichi de son expérience et de ses observations de tous les jours. Nous buvons ses paroles gorgée après gorgée, et le plaisir monte crescendo jusqu'à atteindre son paroxysme vers la fin de la représentation. Il a su alterner anciens sujets remis au goût du jour avec beaucoup de nouveaux sujets encore plus palpitants. Quelques moments nostalgiques, mais beaucoup de moments de bonheur et de gaieté. Un one-man-show époustouflant qui ne laisse aucun moment de répit au spectateur pour qu'il repose ses maxillaires, ni pour reposer les paumes de ses mains de la chaleur des applaudissements. Toujours aussi modeste, il cultive la perfection jusqu'à l'obsession.
Les spectateurs de tous les âges, ceux qui l'ont accompagné depuis ses débuts et d'autres jeunes qui le découvrent sont unanimes dans leurs appréciations. Excellent.
Samy Khayat a gagné notre admiration et notre estime comme le plus grand et le plus prolifique des humoristes de ces 50 dernières années, et tout ce qu'on peut lui souhaiter c'est qu'il continue à nous épater pour les nombreuses années à venir.

 

Joseph W. ZOGHBI 

Crises gouvernementales

C'est dans les années soixante, et après l'échec du coup d'État PPS que commencèrent nos crises gouvernementales dues aux ingérences étrangères. Le 20 juillet 1965, dans les colonnes de L'Orient on pouvait lire qu'une heure seulement avant le scrutin par lequel la Chambre allait déléguer des pouvoirs spéciaux à son cabinet, hajj Hussein Oueyni démissionna pour laisser au président Karamé la tâche de former un gouvernement extraparlementaire de 10 membres. Remanié le 31 janvier 1966, ce cabinet, à la suite du licenciement de quatre magistrats, démissionnera le 28 avril et cédera la place au président Abdallah Yafi. Puis, face au scandale de la banque Intra, Yafi et...
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