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Liban

Salah Ezzeddine, un ancien « sauveur » accusé d’escroquerie

Dans le sud du Liban, on ne jurait que par lui, mais Salah Ezzeddine, surnommé le « Madoff libanais », est accusé d'avoir dilapidé près d'un milliard de dollars confiés par ses clients, des gens ordinaires, de riches expatriés mais aussi des cadres du Hezbollah, lit-on dans un reportage de Rita Daou pour l'AFP.
« J'ai amassé 100 000 dollars en Afrique et j'ai tout donné à Ezzeddine », affirme Ali, qui utilise un prénom d'emprunt, à Maaroub, le village natal de « hajj Salah ».
« Je m'attendais à des sommes faramineuses. Je n'ai plus rien, je vais plier bagage », lâche avec amertume ce jeune homme de 25 ans, rentré récemment au Liban.
Le financier de 47 ans, qui avait démarré sa carrière en organisant des pèlerinages à La Mecque pour les fidèles chiites, a été inculpé de détournement de fonds et de fraude. Il s'était rendu aux autorités le mois dernier après sa déroute.
« Je n'ai reçu aucune garantie, pas même un récépissé », raconte Jamil Fneich, 65 ans et père de 11 enfants, qui a confié avec ses fils plus d'un million de dollars à M. Ezzeddine.
« Le médiateur s'est contenté d'inscrire le montant sur un cahier. Hajj Salah était un homme de confiance, un homme propre », assure ce commerçant qui vit avec sa famille au Canada.
« Il a travaillé dans le pétrole, l'or, le diamant et les métaux, murmure-t-on à Maaroub, et se déplaçait entre l'Iran, l'Algérie et la Chine. »
Dans la banlieue sud de Beyrouth, il possédait une maison d'édition, Dar el-Hadi, du nom du fils du secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, tué lors de combats avec Israël dans les années 90. Aujourd'hui, les locaux sont sous scellés.
Afin de récolter un maximum de fonds, Ezzeddine aurait fait miroiter à ses clients des taux d'intérêt allant jusqu'à 60 %, laissant supposer que l'arnaque consistait à rembourser les premiers clients avec l'argent déposé par les suivants, un système utilisé par le banquier américain Bernard Madoff.
« C'était une poule aux œufs d'or. Les gens lui donnaient une petite somme et cela leur rapportait beaucoup d'argent », affirme Mohammad, boulanger dans le village de Abbassiyeh.
La renommée du financier, qui a fait construire des stades sportifs et des mosquées dans un Sud démuni, était telle que, pendant une vingtaine d'années, il était un « sauveur ».
« C'était un grand bienfaiteur. Il aidait les pauvres, leur payait les frais de scolarité, des hôpitaux, et les médicaments », souligne Ali Ezzeddine, vendeur de téléphones portables, originaire du même village.
Mais si l'escroc présumé était digne de confiance, c'est surtout parce qu'il est considéré comme proche du Hezbollah et qu'une grande partie de ses clients étaient des militants du parti chiite, selon les témoignages.
Hassan Nasrallah a démenti récemment tout lien entre sa formation et M. Ezzeddine, tout en reconnaissant que plusieurs de ses cadres ont déposé auprès de lui d'importantes sommes d'argent. Il a qualifié l'affaire de « catastrophe » et annoncé même la création d'une « cellule de crise » pour suivre le dossier, lors d'une récente rencontre avec des déposants. Un député du mouvement chiite, Hussein Hajj Hassan, a d'ailleurs été le premier et l'un des rares clients à avoir porté plainte contre M. Ezzeddine.
D'autres victimes attendent, et certains murmurent qu'ils ne veulent « pas avoir de problème avec le Hezbollah ».
Des villageois veulent croire à un autre genre d'explications, comme Oum Bilal, 40 ans, qui vit de la fabrication du pain artisanal et à qui « hajj Salah » a donné 400 000 dollars pour s'acheter un nouveau four. « C'est sûrement un complot ourdi par les Israéliens », martèle-t-elle.

Dans le sud du Liban, on ne jurait que par lui, mais Salah Ezzeddine, surnommé le « Madoff libanais », est accusé d'avoir dilapidé près d'un milliard de dollars confiés par ses clients, des gens ordinaires, de riches expatriés mais aussi des cadres du Hezbollah, lit-on dans un reportage de Rita Daou pour l'AFP.« J'ai amassé 100 000 dollars en Afrique et j'ai tout donné à Ezzeddine », affirme Ali, qui utilise un prénom d'emprunt, à Maaroub, le village natal de « hajj Salah ».« Je m'attendais à des sommes faramineuses. Je n'ai plus rien, je vais plier bagage », lâche avec amertume ce jeune homme de 25 ans, rentré récemment au Liban.Le financier...
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