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Liban - Gouvernement

« Il faudra négocier sur de nouvelles bases », souligne la majorité

Le 14 Mars fait assumer à l'opposition la responsabilité du désistement de Saad Hariri, soulignant que l'objectif du 8 Mars est de torpiller les résultats des élections du 7 juin. Pour la majorité, l'accord politique qui avait été conclu par Hariri avec l'opposition pour former le gouvernement est caduc et il faudra donc négocier sur de nouvelles bases.

Plusieurs pôles de la coalition du 14 Mars ont commenté hier les tenants et les aboutissants du désistement de Saad Hariri, soulignant notamment que le 8 Mars a posé des conditions rédhibitoires pour la formation du gouvernement afin de torpiller les résultats des dernières élections législatives. Affirmant que la majorité et M. Hariri avaient fait suffisamment de concessions pour faciliter la mise sur pied d'un gouvernement d'union nationale, de nombreux députés et pôles du 14 Mars ont souligné qu'il faudra négocier sur de nouvelles bases l'élaboration d'une formule ministérielle.
Le député Ahmad Fatfat a notamment déclaré sur ce plan que « l'entente politique qui a été conclue par le passé est aujourd'hui caduque et il est nécessaire d'œuvrer à élaborer une nouvelle entente ». Dans une déclaration au quotidien saoudien al-Watan, M. Fatfat a mis en garde contre « le vide politique » et contre des dérapages qui seraient provoqués par « les factions qui possèdent des moyens sécuritaires ».
M. Ammar Houri, membre du bloc parlementaire du Courant du futur, a souligné la nécessité de réévaluer la situation, affirmant que « le torpillage (des efforts pour la formation du gouvernement) avait pour but d'abolir les résultats des élections législatives (du 7 juin dernier) et de porter atteinte à la formule ou au système ». Faisant assumer à la minorité, dans son ensemble, la responsabilité de la crise gouvernementale, M. Houri a relevé « les sacrifices consentis par le président Hariri et la majorité dans le cadre de la formule ministérielle » (proposée par M. Hariri), rappelant à ce sujet que le 14 Mars avait accepté de se départir des deux tiers puis de la majorité plus un au sein du cabinet, sans compter que la plupart des ministères des services avaient été octroyés au 8 Mars, « et plus particulièrement au Courant patriotique libre ».
M. Nabil de Freige, député de Beyrouth et membre du bloc Hariri, a mis l'accent sur la nécessité de « respecter les résultats des élections législatives en vue de former le gouvernement », soulignant que « de nombreuses concessions ont été faites à l'opposition, ce qui a provoqué un certain malaise au sein de la majorité ».
Le député Hadi Hobeiche a déclaré de son côté que la formule 15-10-5 (projetée dans le cadre de l'entente qui avait été conclue entre M. Hariri et le 8 Mars) est devenue caduque, précisant que « toutes les éventualités sont possibles ». Interrogé sur la proposition du Qatar d'accueillir une nouvelle conférence de dialogue afin de sortir de la crise, M. Hobeiche a déclaré : « Nous remercions le Qatar pour ses efforts, mais il est temps pour nous de former nous-mêmes le gouvernement. Cela ne signifie pas que nous n'apprécions pas les efforts déployés par le Qatar après la funeste journée du 7 mai (2008), mais indépendamment de l'aide arabe, nous pouvons en tant que libanais former nous-mêmes notre gouvernement. »

La formule proposée par Honein
L'ancien député de Baabda Salah Honein, proche du 14 Mars, a déclaré pour sa part que « la majorité doit pouvoir gouverner par respect pour le choix des électeurs ». M. Honein a proposé dans ce cadre la formation d'un gouvernement regroupant des ministres choisis « hors des cercles politiques traditionnels », à raison de 19 ministres représentant la majorité et 11 ministres représentant le président de la République, l'opposition devant jouer, auquel cas, le rôle qui lui incombe, à savoir contrôler l'action du gouvernement, les décisions importantes au niveau de l'Exécutif devant être prises à la majorité des deux tiers.
Le député Nohad Machnouk a souligné de son côté que « certaines parties au sein de l'opposition et dans la région ont estimé qu'il était temps de porter un coup politique à Saad Hariri et de torpiller les résultats des élections ». « Mais ils ne réussiront pas », a affirmé M. Machnouk qui a dénoncé dans ce cadre « les tentatives répétées depuis 2004 visant à transformer le Liban en une zone géographique et politique vivant dans une situation de crise permanente ».
Le « Rassemblement de la diaspora du 14 Mars » a dénoncé « les forces de la minorité parlementaire qui a exercé toute forme de terrorisme politique avec l'appui du régime syrien pour faire échec aux efforts du Premier ministre désigné et porter atteinte au dialogue ». « Il n'est plus acceptable de consentir davantage de concessions, l'une après l'autre, du fait de l'obstructionnisme des forces de facto » (le 8 Mars).
Le ministre Salam a évoqué « les influences étrangères auxquelles sont soumis ceux qui ont fait preuve d'obstructionnisme ». M. Salam a fait état sur ce plan de la série de propositions présentées par l'Iran en vue de ses négociations avec les pays occidentaux. « Ces propositions, a déclaré M. Salam, dépassent le dossier nucléaire et portent sur les crises en Irak, en Afghanistan, au Liban et dans les territoires palestiniens. »
Le député Imad el-Hout (Jamaa islamiya, allié au Bloc du futur) a souligné quant à lui la nécessité de réviser l'entente politique portant sur la formule 15-10-5.
Enfin, le Courant chiite libre (hostile au Hezbollah) a invité les députés de la majorité à désigner à nouveau M. Hariri à la présidence du Conseil « en vue de former un gouvernement issu de la majorité ».
Le 14 Mars fait assumer à l'opposition la responsabilité du désistement de Saad Hariri, soulignant que l'objectif du 8 Mars est de torpiller les résultats des élections du 7 juin. Pour la majorité, l'accord politique qui avait été conclu par Hariri avec l'opposition pour former le gouvernement est caduc et il faudra donc négocier sur de nouvelles bases.Plusieurs pôles de la coalition du 14 Mars ont commenté hier les tenants et les aboutissants du désistement de Saad Hariri, soulignant notamment que le 8 Mars a posé des conditions rédhibitoires pour la formation du gouvernement afin de torpiller les résultats des dernières élections législatives. Affirmant que la majorité et M. Hariri avaient fait...
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