« Nous considérons cet incident comme très grave, et estimons que le gouvernement et l'armée libanaise ont pour responsabilité d'empêcher de telles attaques », a-t-il encore dit.
« Des débris d'au moins une roquette Katioucha ont été découverts dans le secteur de la ville de Nahariya et du kibboutz Guesher Aziv », dans l'ouest de la Galilée, a indiqué pour sa part une source policière israélienne. Des témoins ont indiqué avoir entendu « des explosions ».
Dans une riposte immédiate, l'armée israélienne a tiré au moins seize roquettes sur le village de Qlailé, a indiqué une source militaire libanaise informée. Des ambulances se sont aussitôt dirigées sur les lieux à partir de la ville côtière de Tyr, distante de quelques kilomètres de Qlailé.
La route côtière du Liban-Sud était vide, à l'exception de patrouilles de la Force de l'ONU au Liban (Finul), selon un correspondant de l'AFP sur place, qui a fait état d'un retour au calme 10 minutes après le bombardement du village.
Les tirs de roquettes sur Israël n'ont pas été revendiqués, mais les forces onusiennes et l'armée libanaise ont annoncé en début de soirée avoir retrouvé, dans un des jardins aux environs de Qlailé, le lance-roquettes en bois, fabriqué de manière artisanale, qui a été utilisé lors de l'opération.
L'armée et la Finul se mobilisent
Selon une source militaire, il s'agirait du même scénario que ceux qui avaient eu lieu précédemment, les derniers du genre ayant coïncidé en janvier et février derniers avec la guerre de Gaza, faisant un blessé, rappelle la source, qui avance avec prudence toutefois la piste fondamentaliste.
Dans un communiqué, l'armée libanaise a indiqué que les roquettes lancées à partir du Liban sont de type Grad 122, et les projectiles israéliens de type Grad 155.
Le communiqué précise que sitôt après l'incident, « les forces onusiennes ont entrepris des contacts qui se sont soldés par l'arrêt des tirs en provenance d'Israël ». « Parallèlement, l'armée libanaise a renforcé ses positions et entrepris de fouiller la région à la recherche d'autres lanceurs de roquettes. Elle a en outre effectué des patrouilles conjointes avec les Casques bleues tout au long de la frontière », précise encore le communiqué, qui ajoute qu'une enquête a été ouverte par l'institution militaire pour retrouver les auteurs des tirs.
Dans un communiqué, la porte-parole de la Finul, Yasmina Bouziane, a confirmé pour sa part les tirs de roquette effectués à partir du Liban-Sud et la riposte israélienne. Le texte indique que « les tirs ont ensuite cessé ».
« La Finul, qui est entrée en contact avec les deux parties, les a exhortées à faire preuve d'un maximum de retenue, et à consolider l'accord de cessation des hostilités, en évitant de prendre des mesures susceptibles de conduire à une escalade », précise le communiqué.
La Finul a par ailleurs précisé qu'« en coordination avec l'armée libanaise, elle a immédiatement procédé à un déploiement de troupes additionnelles dans la région afin de prévenir toute éventuelle aggravation de la situation ». Et le communiqué de préciser que les forces onusiennes « ont entamé sur-le-champ une investigation ».
Du côté israélien, l'armée s'est mobilisée tout au long de la frontière, après avoir pris des mesures exceptionnelles qui se sont caractérisées par un mouvement des tanks Merkava et un déploiement à l'intérieur des jardins de pommes face à Kfarkila.
Ces nouveaux tirs surviennent en pleine crise gouvernementale au lendemain de la décision du chef de la majorité parlementaire, Saad Hariri, de renoncer à former un gouvernement d'union.
Le 14 août, le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, avait dit qu'il se tenait prêt pour un affrontement militaire avec Israël tout en écartant la possibilité d'une guerre dans un avenir proche.
Avant lui, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait averti le gouvernement libanais qu'il « serait tenu pour responsable de toute attaque provenant de son territoire ».
Réactions en chaîne
Sitôt l'incident annoncé, Michael Williams, le représentant personnel au Liban du secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, s'est rendu auprès de Saad Hariri, avec qui il a évoqué les derniers développements sur le terrain.
« Au cours de la réunion, nous avons reçu des rapports inquiétants relatifs aux tirs de roquettes qui ont été lancées par-delà la ligne bleue », a indiqué M. Williams à l'issue de la rencontre. « Nous considérons cela comme un développement extrêmement dangereux », a-t-il dit, appelant l'ensemble des parties « à prendre toutes les mesures de précaution nécessaires et à faire preuve de retenue ».
Évoquant les développements parallèles qui ont eu lieu au plan interne, plus précisément au niveau de la formation du gouvernement et de la récusation de M. Hariri, le responsable onusien a exprimé ses « regrets de voir que les efforts déployés par le chef de la majorité n'ont pas abouti », affirmant toutefois qu'il « continue de croire à la possibilité de parvenir à un règlement ».
Et M. Williams d'espérer que les consultations que le chef de l'État entreprendra une nouvelle fois « pourront aboutir pour remettre la question de la formation du gouvernement sur les rails ».
« Lorsque j'ai rencontré le président Sleiman mercredi dernier à Beiteddine, nous avons convenu de la nécessité de poursuivre le dialogue et du fait que le Liban ne doit pas sombrer à nouveau dans la polarisation et s'enliser dans des crises », a indiqué le diplomate avant de conclure : « Si les Libanais restent sur leurs engagements qui consistent à mettre en place un gouvernement d'union nationale, je crois que cet objectif pourra être atteint. »
De son côté, le Premier ministre sortant, Fouad Siniora, est entré en contact avec le chef de l'État, Michel Sleiman, pour discuter de l'incident. Il a également appelé le commandement de l'armée, et celui de la Finul, pour s'enquérir des détails de l'affaire, s'assurer qu'une enquête a été lancée et que des mesures préventives ont été prises pour juguler l'incident. M. Siniora a insisté devant ses interlocuteurs sur « l'attachement continu du Liban à la résolution 1701 et à ses annexes », estimant que ce qui s'est passé « est un acte que le Liban conteste et condamne pour ce qui est des tirs lancés à partir du Sud, aussi bien que de la riposte de l'État hébreu, qui, a-t-il dit, a outrepassé le cadre de son obligation de coordonner avec les forces de la Finul, et s'est dépêché de lancer les roquettes, commettant une agression contre le Liban ».
M. Siniora a considéré que cet incident, « qui survient dans de telles circonstances, est dangereux et vise de multiples objectifs, dont la déstabilisation du Liban que l'on tente d'entraîner vers la crise. C'est précisément ce que tente d'éviter l'État libanais », a-t-il dit, avant de réaffirmer que ce développement constitue « une agression contre le Liban et sa souveraineté ».
Le chef de l'État, qui a également suivi de près l'incident, a effectué des contacts avec les responsables concernés et pris connaissance des mesures décidées pour en enrayer les conséquences.


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