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Nos lecteurs ont la parole

Remake

 Molly SELWAN
Les saisons se succèdent et aussi celles des feuilletons télévisés. Ainsi va la politique au Liban, semblable à un roman-fleuve où les acteurs, toujours les mêmes depuis trente ans, persistent à monopoliser l'écran. Ils poursuivent leur comptabilité mesquine, alors que l'inflation a atteint toute la planète. Nous assistons à des productions locales réalisées par des metteurs en scène au déclin. C'est Familia, avec les fils qui héritent des postes politiques des pères. Très souvent, ce sont les neveux, puis les frères qui succèdent aux frères. Parfois, comme il y a trois sexennats également, ce sont les gendres qui rappliquent. Alors, les affaires de famille deviennent  affaires d'État. Aujourd'hui, le problème des terroristes de Fateh el-Islam revient sur le tapis, avec Prison Break tourné à Roumieh ; fuite de prisonniers !  Poursuite et  chasse en hélico au-dessus de la forêt du Metn... À l'affiche : notre jeune Premier ministre de l'Intérieur. Faudrait-il attendre un Alexandre Soljenitsyne libanais pour dénoncer les irrégularités dans les prisons ? L'année passée, c'était Bones. Nous étions plongés en pleine paléontologie ; à déterrer des cadavres dans les « fosses communes » ; écoutant  des théories accusatrices sur des instigateurs de « crimes de guerre ». Si l'on remontait le cours de l'histoire, on pourrait prouver que les milices de chaque communauté avaient eu à leur actif autant de crimes et de tombes communes. C'est pour cela d'ailleurs qu'il fut accordé  une amnistie générale après la guerre civile au Liban.
Actuellement, les Avocats et Associés tentent de geler le processus de restructuration de l'État et de mettre des bâtons dans les roues de la République en marche. Par leur attitude, ils veulent rendre caducs tous les accords, y compris l'accord de Taëf  ainsi que les articles de la Constitution. C'est presque un Alzheimer collectif ! Réalisent-ils que par cet amalgame politique, ils vampirisent l'État ? Le vident de ses caractéristiques et de ses valeurs ? Ce faisant, ne risquent-ils pas de mobiliser l'attention internationale et de favoriser une tutelle à venir ? Ces événements de la politique actuelle donnent l'impression de « déjà-vu ». Nier les principes de base, c'est nous faire basculer dans l'inconnu... Alors nous vivrons l'invraisemblable, l'inconcevable recommencement d'une guerre !
Nous, citoyens en expectative, dans l'attente d'actes positifs venant de votre part, nous sommes lassés de tous ces « remakes ». Nous voudrions du nouveau.
Racontez-nous une histoire d'eau, agrémentée de solutions pour la gouvernance de nos fleuves, et comment stocker l'eau de pluie pour une distribution équitable sur tout le territoire, même en été. Le litige avec nos voisins a pour principale cause nos ressources hydrauliques. Il est important de créer un ministère de l'Eau qui réunirait des politiques et des technocrates pour pouvoir gagner cette bataille du troisième millénaire, surtout avec le changement climatique.
Racontez-nous une histoire d'électricité alimentée par des éoliennes et des panneaux solaires. Et comment prospecter le gaz et le pétrole qui enrichissent les nappes souterraines de notre pays. Parlez-nous des assurances pour nos personnes âgées et nos vieux jours. Ramenez nos enfants au pays en créant pour eux des perspectives de travail.
Au plus vieux principe politique  «  diviser pour régner » est opposé un non moins vieux slogan révolutionnaire «  l'union fait la force ». Il y a eu la Bastille, en France, la place Rouge en Russie, la place Jaleh en Iran, la place des Martyrs au Liban, surnommée place de la Liberté un certain 14 mars. Nous verra-t-elle accourir pour nous libérer encore de l'esclavage d'une nouvelle occupation ?

 Molly SELWAN
Les saisons se succèdent et aussi celles des feuilletons télévisés. Ainsi va la politique au Liban, semblable à un roman-fleuve où les acteurs, toujours les mêmes depuis trente ans, persistent à monopoliser l'écran. Ils poursuivent leur comptabilité mesquine, alors que l'inflation a atteint toute la planète. Nous assistons à des productions locales réalisées par des metteurs en scène au déclin. C'est Familia, avec les fils qui héritent des postes politiques des pères. Très souvent, ce sont les neveux, puis les frères qui succèdent aux frères. Parfois, comme il y a trois sexennats également, ce sont les gendres qui rappliquent. Alors, les affaires de famille deviennent ...
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