Livre ou journal ?
La différence entre littérature et journalisme, disait Oscar Wilde, c'est que le journalisme est illisible et que la littérature n'est pas lue. Dans notre pays, où la vie politique ne cesse de jour en jour d'être de plus en plus floue et où les écrivains ne trouvent plus un coin pour se réfugier et méditer, on sent qu'on se dirige à la dérive matérielle et spirituelle. Il nous faudra donc désormais lire notre journal entre les lignes, deviner d'avance les intentions de nos politiciens, qui sont presque tous manipulés comme des marionnettes par divers courants socialistes et progressistes des pays voisins, et voir s'il sera possible dans un avenir proche de pouvoir former un gouvernement comprenant des ministres qui seront plus homogènes dans leurs aspirations à bâtir l'avenir du pays. Cela en supposant que demain, on aura un gouvernement un peu atrophié, mais qui, à la libanaise, saura forger son destin grâce aux apparences toujours trompeuses. La littérature contemporaine nous enseigne l'histoire passionnante de grands précurseurs. Malheureusement, en raison du rythme de notre vie moderne toujours aussi trépidante, nul ne veut plus se concentrer pour analyser et préfère revenir à son quotidien.
Prendre notre destinée en main
Le président du Parlement a, à maintes reprises, lié la formation du gouvernement à une entente « S » et « S » (Syriens-Saoudiens). Moi, libanaise, résidant en Suisse, je sens que je reflète les sentiments de tous les Libanais d'outre-mer en exprimant mon étonnement : comment le peuple libanais, supposé intelligent, patriote, cultivé, peut-il accepter que la solution de tous ses problèmes intérieurs dépende d'ententes extérieures ?
Il est temps que ce peuple se réveille et prenne sa destinée en main pour comprendre que ni l'Arabie saoudite, ni l'Iran, ni la Syrie, ni l'Égypte, ni les États-Unis, ni la Russie, ni la France, ni la Grande-Bretagne, ni n'importe quel autre pays étranger ne pourra comme lui défendre et préserver ses intérêts et son avenir.
Au lieu d'attendre la réconciliation « SS », il faudrait plutôt réconcilier A, G, G, F, E et C (Aoun, Gemayel, Geagea, Frangié, Eddé et Chamoun), d'une part, et B, H, N, et J (Berri, Hariri, Nasrallah et Joumblatt), d'autre part ; et toutes les personnes citées ci-dessus entre elles. Ainsi, nous pourrons dire que les Libanais sont devenus maîtres de leur destinée.
Le proverbe ne dit-il pas : « On n'est jamais mieux servi que par soi-même » ?
Retour au charbon
Monsieur Alain Tabourian, ministre de l'Énergie,
Les centrales électriques fonctionnant au charbon, c'était hier.
Justifier ce choix en comparant leur nuisance à celles de nos vétustes centrales de Zouk et de Jiyeh, qui sont déjà insupportables de par leurs émissions, est un acte impardonnable.
Pensez à l'environnement, la plus importante richesse du Liban.
Je ne doute pas de votre intelligence, mais je crois que vous êtes mal conseillé.
Mendicité interdite
Un entrefilet a paru dans L'Orient-Le Jour du samedi 8 août 2009 sous le titre « La mendicité désormais interdite dans le mohafazat du Mont-Liban ». Ainsi donc, par une décision administrative, la mendicité dans les rues, sur les places publiques, devant les lieux de culte, les restaurants et les night-clubs est désormais prohibée. Il est précisé dans la décision du mohafez du Mont-Liban p.i., le magistrat Antoine Sleiman, que toute forme de mendicité sera sanctionnée et les responsables arrêtés selon les lois et règlements en vigueur.
J'aimerais poser une question : qui sont les contrevenants, les enfants poussés par les parents de famille nombreuse, souvent maltraités comme vous le savez s'ils ne ramènent pas assez d'argent à la maison, les propriétaires de restaurants, night-clubs et autres, les prêtres et cheikhs devant leurs lieux de culte ou encore nous qui leur glissons un billet de 1 000 livres en passant ?
Dans tous les pays du monde, la mendicité existe sans toutefois être prohibée. Certes, il ne faut pas l'encourager, mais avez-vous un programme pour aider ces malheureux à retrouver un peu de dignité : les scolariser, former les parents pour qu'ils aient moins d'enfants comme certains pays, la Chine, par exemple. Ou bien attendez-vous comme nous tous la formation du nouveau gouvernement ?
Vous ne pensez pas, monsieur le juge, qu'il y a plein d'autres choses à interdire et à sanctionner ? Je vous laisse le choix de faire le tri...


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