Avec Patrick Chesnais, Gabriel Yammine, Julia Kassar et Pierre Chamassian.
Bruno Caprice, vedette déchue des années 70, travaille comme réceptionniste dans un célèbre hôtel parisien. Personne ne se rend compte que cet homme d'apparence « looser » a eu ses années de gloire en faisant exploser les hit-parades (quel mot désuet et ringard). Ce qui va le réveiller de sa léthargie, c'est un coup de fil du Liban et, plus particulièrement, d'un richissime qui l'invite à venir animer une soirée à l'occasion de l'anniversaire de sa femme qui l'a toujours idolâtré.
Melodrama Habibi s'annonce déjà à la lecture du synopsis comme un sujet alléchant, très courant au Liban. Car dans ce pays on se nourrit encore de nostalgie (je ne crois pas qu'en France on écoute les chansons de Joe Dassin autant qu'à Beyrouth ou, pis encore, qu'on se souvienne de ce chanteur fort apprécié dans les années 70 du nom d'Eddy Pascal). Bref, tout cela pour dire que le cinéaste Hany Tamba, qui avait ému dans son court-métrage Beyrouth After Shave, a écrit un scénario qui puise dans le social et a su recréer l'atmosphère d'un pays à travers une chanson. Sauf que le film démarre très fort, mais se disperse par la suite et le rythme se perd. Si une mention spéciale est donnée à Fady Raidy et Julia Kassar, d'autres acteurs semblent moins impliqués par l'action, ce qui crée un déséquilibre évident.
Propos de Hany Tamba recueillis lors de la présentation de son long-métrage au Festival du film de Beyrouth, en 2008
« Quand un film libanais sort en salles, le public pense qu'il doit être l'ambassadeur de son pays. Les attentes sont tellement grandes face à nos films, or je ne suis pas un ambassadeur, mais un cinéaste qui veut raconter des histoires sur son pays. »
« Le portrait des personnages est caricatural. J'ai saupoudré d'humour et d'humanité. Mais ce qui est sous-jacent à ce film, c'est l'inconscient collectif et l'incapacité de faire face à son passé. On n'apprend rien du passé. L'histoire se répète. On s'endort dans une certaine léthargie. »
« J'avais envie de raconter une histoire sur le Liban d'après-guerre. Cela m'amusait déjà de savoir quelles chansons on écoutait dans le Liban de l'avant-guerre. Je me rappelle qu'on invitait sous les bombes une star, même si c'était une fausse star. Je voulais représenter toutes les guerres du Liban sans pour autant faire un film sur la guerre. »
« C'est mon premier long-métrage. Ce n'est certainement pas parfait, mais c'est une autre manière de raconter des histoires et je ne voulais pas être politiquement correct. »
Miracle at St Anna, de Spike Lee
Avec Derek Luke et Michael Ealy.
Pour son premier film de guerre, Spike Lee s'attaque à un sujet épineux : juste quelques jours avant la Libération, dans la petite ville de Santa Anna di Stazzema, des soldats allemands massacrent entre 457 et 560 civils. Le dernier film de Spike Lee raconte cet épisode et, depuis sa sortie en Italie, les débats vont bon train. Inspiré du roman de James McBride, le film rappelle d'ailleurs l'impact médiatique du film français Indigènes de Rachid Bouchareb, sorti en 2006. Car le Miracle de Santa Anna met en scène l'histoire de la 92e Division des « Buffalo Soldiers », le bataillon afro-américain engagé sur le front italien pendant la Seconde Guerre mondiale. Hector Negron, un vieil homme noir, assassine un immigré italien, apparemment sans raison. Lorsqu'un journaliste, curieux, essaye de connaître le pourquoi de son acte et qu'il lui demande ce que fait un buste de statue valant une fortune en sa possession, l'inculpé lui raconte l'histoire des « Buffalo Soldiers », ce bataillon constitué de soldats afro-américains qui a combattu en Europe pendant la Seconde Guerre mondiale.
Retour donc en arrière, en Toscane, 1944. Les « Buffalo Soldiers » lancent une offensive contre l'armée allemande. L'attaque tourne mal et les soldats sont abandonnés par leurs officiers blancs, à la merci de leurs ennemis.
Quatre d'entre eux parviennent à s'échapper... mais s'égarent dans les montagnes où ils rencontrent miraculeusement Angelo, un enfant blessé et traumatisé par un drame survenu dans le village voisin de Santa Anna. En route vers le camp, les quatre compères vont s'attacher à ce jeune garçon. Spike Lee, qui avait critiqué Clint Eastwood pour n'avoir fait jouer que des Blancs dans Flag of Our Fathers, frappe fort dans ce film qui a créé deux camps : pour et contre.
Last Chance Harvey, De Joel Hopkins
Avec Emma Thompson
et Dustin Hoffman.
Une romance comme tant d'autres diriez-vous avec les mêmes stéréotypes, la même intrigue, les mêmes ficelles et le même dénouement. Sauf qu'il s'agit de deux excellents acteurs : Dustin Hoffman et Emma Thompson, que l'alchimie opère entre les deux et qu'ils ne font que nous émouvoir tout au long du film avec les fêlures de leurs âmes solitaires, leurs maladresses et leurs erreurs.
Harvey Shine est un musicien de jingles. Dès le début du film, on sent que sa vie est ratée. Destiné à être un grand artiste, il est confiné dans une boîte de production qui semble vouloir le remplacer. De plus, sa fille se marie à Londres et lorsqu'il arrive dans la capitale anglaise, il sent qu'il n'est pas le bienvenu dans son nouveau cercle familial. Kate Walker, elle, essaye de divertir sa mère que son père a abandonnée. Sa vie se partage entre sessions de lectures avec des personnes âgées, des rendez-vous manqués et son boulot.
Ces deux personnages vont se retrouver par hasard, s'entendre et unir leurs deux solitudes. Un film charmant, émouvant, qui ne tombe jamais dans le piège du larmoyant ou du mélodrame bon marché. Une œuvre où l'on comprend que tout homme, à un moment de sa vie, commet des erreurs et qu'il a toujours une chance de se rattraper. Un film enfin qui vaut le détour.


EDDY PASCAL VIT À PARIS. IL CHANTE AVEC SON FRÈRE ALEXANDRE "FORMULE 2"
05 h 42, le 27 avril 2019