Le parallèle est frappant : les Israéliens ne sont unis que dans le rejet du droit de retour des réfugiés palestiniens, tandis que les Libanais ne sont unanimes que dans le refus de leur implantation.
Benjamin Netanyahu confirme avec éclat qu'aucun membre de la diaspora palestinienne ne pourra regagner sa terre d'origine. Un peuple de bannis ne peut que porter les armes et se battre pour récupérer ses droits. L'on voit ainsi que les propos provocateurs de Netanyahu ne font que légitimer les opérations de fedayine.
Les Arabes, les Palestiniens et les Libanais s'arment de la vieille résolution 194 de l'ONU qui consacre le droit de retour. Ils ont donc la légalité pour eux. Et c'est doublement vrai ici, puisque la Constitution libanaise prohibe formellement l'implantation. Mais comment traiter ce problème en pratique ?
Un ancien ministre répond que les États-Unis soutiennent depuis plus de cinquante ans qu'ils veulent un règlement juste et équitable de la cause palestinienne. Mais ou bien ils sont incapables de l'initier, ou bien ils ne le souhaitent pas vraiment. De nombreux présidents américains ont proposé, au long des décennies, des idées multiples sans jamais parvenir à leur donner un début d'exécution. Ainsi, cela fait très longtemps que la Maison-Blanche plaide en vain pour la création d'un État palestinien viable aux côtés de l'État hébreu. La dynastie Bush, père et fils, avait promis l'émergence d'une telle entité en quatre ans et il n'en a, évidemment, rien été. On a dès lors tendance à douter quand le président actuel, Barack Obama, refasse la même promesse. En notant que, pour commencer, il n'arrive déjà pas à se faire entendre quand il réclame l'arrêt des colonisations. Tout ce que Tel-Aviv est disposé à accepter, ce serait une entité palestinienne baptisée État mais qui ne le serait pas vraiment, puisqu'elle n'aurait le droit ni d'être armée ni d'avoir des frontières définitives.
La nouvelle administration US subit donc, d'entrée de jeu, un test important de crédibilité et d'autorité face au gouvernement israélien. Ou les Américains font plier Netanyahu, pour mieux protéger leurs intérêts régionaux, ou ils le laissent imposer sa volonté et ils y perdraient beaucoup. Car l'ouverture d'amitié d'Obama en direction du monde islamique et arabe apparaîtrait alors comme un coup d'épée dans l'eau. C'est seulement en réglant la question palestinienne dans les normes du droit qu'il peut espérer faire fondre pour de bon l'animosité et l'hostilité que les États-Unis inspirent aux masses islamiques et arabes. En même temps, il verrait s'ouvrir devant lui une large avenue pour le traitement positif des principaux problèmes de la région. Sans compter que du même coup le terrorisme et la violence baisseraient nettement, alors que les milices armées fondraient comme neige au soleil.
En cas d'échec d'Obama et de son équipe, les Palestiniens et les Arabes n'auraient plus d'autre choix que la résistance. Mais sur base d'une stratégie commune, aucun pays ne devant assumer seul la confrontation. Dans tous les cas de figure, il doit y avoir un sommet arabe, pour réitérer l'initiative de 2002 en fixant, cette fois, un délai raisonnable à Israël et aux nations amies de la paix pour l'étudier à fond et y répondre. Si Israël campe sur ses positions de refus, les Arabes devraient réagir, en exerçant des pressions sur la communauté internationale pour l'arrêt de toute aide militaire ou financière à l'État hébreu, voire pour lui infliger des sanctions.
Retour à la question de l'implantation. Selon l'ancien ministre, c'est donc dans un cadre global qu'elle doit être réglée. Le retour s'opérant dans l'État palestinien à venir. S'il ne peut accueillir tous les expatriés ou si certains ne souhaitent pas revenir, on prévoirait des indemnités pour eux, afin qu'ils puissent émigrer vers des contrées disposées à les accueillir, ainsi que des primes d'hébergement, si l'on peut dire, pour les pays hôtes. Donc, s'il n'y a pas création d'un État palestinien, le Liban ne pourrait pas empêcher l'implantation qui représente pour lui un danger de déséquilibre démographique et social autant qu'un fardeau économique.

