« Est-il permis que l'on donne à un groupe d'hommes politiques le droit de veto dans ses tractations avec le Premier ministre désigné, de sorte que ce groupe soit en mesure de bloquer la formation du gouvernement ? » s'est interrogé M. Hoss dans une déclaration.
« Dans le principe, cela ne semble pas logique, a-t-il estimé, critiquant par ailleurs les propos tenus implicitement par le ministre sortant des Télécoms, Gebran Bassil, sur les risques de guerre civile.
« Cette menace n'a pas de sens, car personne au Liban n'est disposé à combattre dans la rue pour le point de vue de Hariri ou de ses opposants », a-t-il dit.
« En outre, a ajouté M. Hoss, attribuer à un groupe d'hommes politiques le droit de trancher selon sa volonté reviendrait à tolérer une ingérence dans des affaires relevant du Premier ministre désigné. »
« Il est normal que ce dernier se concerte avec les diverses parties avant la formation du gouvernement. Mais il n'est pas normal que le point de vue de l'interlocuteur du Premier ministre désigné soit considéré comme étant contraignant pour lui. Le cas échéant, il ne s'agirait pls de concertations à proprement parler et on se trouverait face à une atteinte aux prérogatives du Premier ministre désigné ».
« Nous demandons à tout le monde de faire preuve d'ouverture. Le Premier ministre désigné doit être ouvert sur le point de vue des opposants, mais il revient aussi à ces derniers de faire preuve du même esprit », a-t-il poursuivi.
« Cependant, au final, le droit de trancher doit revenir au Premier ministre désigné, faute de quoi il n'aurait pas dû être désigné », a conclu M. Hoss.
Kassem Hachem, député du Baas prosyrien (Marjeyoun-Hasbaya), a considéré qu'un gouvernement monochrome serait un « cabinet générateur de crise ».
« La situation politique et économique et les défis qui nous attendent exigent de nous davantage d'efforts et de mise en œuvre des capacités nationales que seul un gouvernement d'unité et de véritable partenariat national peut assurer », a-t-il dit, se prononçant contre un partenariat « de pure forme » dans lequel les ministres de la minorité seraient des « faux témoins ».
L'ancien ministre Wi'am Wahhab a assuré que « l'opposition dans son ensemble refuserait de prendre part à un gouvernement de fait accompli ».
Il a ajouté que le président de la République avait certifié à plusieurs reprises qu'il refuserait toute formule qui ne serait pas fondée sur l'unité nationale. « Je pense que le président n'a pas changé d'avis », a-t-il dit.
Cette opinion est partagée par le ministre sortant des Affaires sociales, Mario Aoun. « Nous sommes certains que le chef de l'État n'est pas disposé à apposer sa signature à toute décision au sujet du prochain gouvernement ne prenant pas en compte l'entente nationale et le véritable partenariat national », a déclaré M. Aoun.
Enfin, le député Stéphane Doueihy (Zghorta), membre du Bloc du changement et de la réforme, a estimé qu'un gouvernement de fait accompli « ne verrait même pas la lumière, car le Premier ministre désigné est incapable d'imposer aux autres les noms qu'il a lui-même choisis ».


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