« Plus le temps passe et plus apparaîtront de nouvelles complications, sans parler de l'amplification des répercussions négatives de l'absence de gouvernement sur les divers secteurs économiques et sociaux », a déclaré M. Mikati.
« L'alternative, a-t-il souligné, est de lever les obstacles qui entravent le chemin du Premier ministre désigné, d'autant que les positions sont devenues claires et que les marges de manœuvre se rétrécissent. »
Le ministre sortant de la Jeunesse et des Sports, Talal Arslane, a mis l'accent sur la « crise de système » que vit le pays, selon lui.
« Les Libanais devraient se rendre compte que ce système est incapable de se protéger lui-même des gens sans moralité et sans principes. »
Il a d'autre part « conseillé » à « ceux qui ont commencé ces jours derniers à miser sur le désaccord entre la Syrie et l'Irak pour tourner le dos au processus de réchauffement des relations libano-syriennes à se tenir à l'écart des paris irréfléchis ».
Boutros Harb, député de Batroun, a souligné que « le problème réside dans le fait que la minorité parlementaire a pris l'ouverture de la majorité en sa direction pour de la faiblesse ».
« En conséquence, la minorité a cru qu'il était de son droit d'imposer des conditions au Premier ministre désigné et au président de la République », a-t-il ajouté, notant que les concertations que mène le Premier ministre désigné « se sont alors transformées en un processus de chantage politique exercé par l'opposition, en particulier par le général Michel Aoun ».
Pour le ministre sortant de la Santé, Mohammad Khalifé (proche de Nabih Berry), « tout gouvernement qui n'engloberait pas toutes les parties n'aurait aucun sens ».
« Personne ne peut prétendre sauver la patrie à lui tout seul », a-t-il ajouté.
Le PNL a plaidé pour que « ceux qui continuent à entraver la formation du gouvernement soient dénoncés, quelle que soit leur identité ».
Le communiqué hebdomadaire de cette formation va cependant encore plus loin en soulignant « la nécessité de sauter par-dessus la barrière des obstacles et d'appliquer les principes constitutionnels et démocratiques dans l'intérêt supérieur du Liban et des Libanais ».
« Il s'agit de l'unique moyen de sortir de la crise fabriquée de toutes pièces et de faire échec au plan visant à dominer le pays », ajoute le texte.
Pour le PNL, « en remettant en question les résultats des élections, en comptant sur la force des armes et en sortant du cadre constitutionnel et légal, on cherche à instaurer un fait accompli rendant exsangue le système politique que la grande majorité des Libanais avait agréé, anéantissant la spécificité de la nation et menaçant son entité ».
Nabil de Freige, député de Beyrouth (Courant du futur), a souligné que le général Michel Aoun n'est pas seul responsable du retard de la formation du gouvernement.
« À mon avis, la fraction des 10 (des 15-10-5) est tout entière responsable des obstacles empêchant la naissance du cabinet, en mettant Michel Aoun au-devant de la scène, car il représente un modèle de haute tonalité », a-t-il dit.
« Si la fraction du 8 Mars était réellement en désaccord avec cette tonalité et avec les conditions folles et rédhibitoires posées par Aoun, il lui aurait été possible de dire à ce dernier que ce qu'il demande n'est pas logique. Mais la réalité est différente : toutes leurs prises de position montrent qu'ils le soutiennent dans ses propositions », a ajouté M. de Freige.
Son collègue Ammar Houry a assuré que le Premier ministre désigné « n'abandonnera pas la politique d'ouverture sur toutes les parties », mais que, « dans le même temps, il ne compte rien céder des prérogatives qui lui sont attribuées par la Constitution pour former le gouvernement en coopération avec le président de la République ».
« Il est du droit du Premier ministre désigné d'aspirer à une équipe homogène capable d'agir et libre de toutes contradictions en son sein », a-t-il ajouté.
Salim Salhab, député du Metn et membre du Bloc du changement et de la réforme, que préside le général Michel Aoun, s'est montré sceptique quand à l'éventualité de la naissance du nouveau gouvernement « avant certaines échéances régionales, et en particulier la réponse iranienne attendue à la fin du mois sur la question du nucléaire ».
« Les allusions à la possibilité pour M. Hariri d'user de ses prérogatives constitutionnelles pour former le gouvernement me rappellent le jour où ils avaient menacé d'élire le président de la République à la majorité plus un », a-t-il déclaré par ailleurs.
L'ancien ministre prosyrien Abdel Rahim Mrad a prévenu, quant à lui, qu'un gouvernement monochrome « serait mort-né ».
« Il faut hâter la formation du vrai gouvernement d'union nationale pour faire face aux menaces de l'ennemi sioniste », a-t-il dit.
Enfin, l'ancien ministre Joe Sarkis, membre du comité exécutif des Forces libanaises, a affirmé que si l'impasse se prolongeait, le président de la République, Michel Sleiman, s'orienterait de plus en plus vers l'acceptation d'un gouvernement même sans la participation du général Michel Aoun.
« Les choses sont arrivées à un point où il n'est plus permis que le délai imparti à la formation du gouvernement demeure sans limite dans le temps », a-t-il dit.


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