Le printemps manqué
Être l'Orient, sa prodigalité, son exubérance et être... la France à la fois.
Elle était là-bas ces femmes trop belles pour être vraies, cet homme tous les soirs à la rue attablé, ces vieux à la terrasse qu'en rituel on visite et qui dévident leur vie comme un chapelet.
Elle était cette côte étincelante dans le noir, le parfum du jasmin qui monte dans l'escalier, l'étalage du « hallab » exquis à la corniche, où le plaisir est religion, et ces tablées, où le repas est un festin et la vie une fête.
Elles étaient ces hommes et ces femmes tout à leurs sensations, comme des enfants à la récréation, avant que la politique batte le rappel. Elle était cette rive éternelle écrasée de soleil, et souillée par les passants, cette terre de miel et de lait trop clémente pour être viable.
Elle est ici le comptable à sa machine, le chauffeur de taxi au volant taciturne, ces nouvelles qu'on matraque, dans un pays où on ne se parle plus.
Elle est ce bureau dévasté, punition de l'absence, ce ciel trop lourd ou bien plombé, où le soleil leur est compté. Elle est cet écrivain sec, ce salut convenu, cette femme qui argumente.
Elle ne sait plus aimer...
Le bonheur est là-bas, par intermittence. Le temps passé ici est perdu pour elle là-bas. Elle n'a pas vu grandir la rose à sa fenêtre, a loupé le printemps.
Liban d'abord
Il est assez étonnant pour un pays de voir adopter par une partie de ses dirigeants seulement un slogan qui se devrait d'être une évidence pour tous ses citoyens. Car faire passer son pays en premier est une profession de foi qui ne doit faire aucun doute et ne supporter aucune tergiversation. C'est le premier serment que l'on vous demande de prêter si vous postulez à une quelconque nationalité...
Et si on organisait un référendum d'un nouveau genre, un référendum dans lequel on exigerait de prêter ce serment de « Liban d'abord » à tous les représentants du peuple et l'on retirerait sa carte d'identité à celui qui aurait des états d'âme à ce sujet ?
Comment rendre l'EDL attractive aux investisseurs
10- Ne payez pas l'investissement et attendez la régularisation (« taswiyé ») qui ne devrait pas tarder.
9- Obliger les « emprunteurs » de courant à utiliser des guirlandes de couleur au lieu du banal câble noir.
8- Afin de souligner la confiance en l'avenir de l'EDL, lui donner un nom à consonance positive : « le courant du futur ».
7- La proposer à la vente sur e-Bay avec en prime-achat Internet : Fneich et Tabourian.
6- Les coupures de courant seront synchronisées au son de la chanson-titre de Titanic.
5- Le projet d'Énergie nouvelle est prêt : l'EDL a réussi à stocker l'électricité statique créée par ses employés (statiques eux aussi) vêtus de polyester et chaussés de semelles en nylon traînant les pieds (leur activité favorite) sur un tapis en acrylique.
4- Un abonnement gratuit d'un an au générateur de quartier pour le bâtiment de l'EDL.
3- Les employés laisseront tomber la sieste matinale mais garderont celle de l'après-midi (soyons humains quand même !).
2- Afin de contribuer à redorer l'image de l'EDL, le gaz importé d'Égypte sera du gaz hilarant.
1- L'investisseur aura le droit de céder au musée Thomas Edison à New York, et dès leur retraite, les employés les plus anciens dont certains ont connu personnellement Edison.


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef