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Nos lecteurs ont la parole

Faites preuve de patience

Sylvain THOMAS
Le succès dans la vie politique est fonction d'un ensemble d'éléments. À nos politiciens, on conseille de commencer par mettre le temps de leur côté, calmement, sciemment, en tirant leurs plans et en les planifiant.
Qu'ils étudient leurs opposants ; qu'ils cherchent à comprendre leurs mobiles. Qu'ils se mettent à leur place ; qu'ils leur fassent comprendre que, sur le plan individuel, on les trouve sympathiques, les uns comme les autres. Quand ensuite ils trouveront que le moment sera venu où ils éprouveront pour eux de l'amitié et de la confiance - ce qui ne manquera pas de se produire -, ils pourront peu à peu leur faire accepter leurs idées. Il y a dans la patience une force considérable. Pourquoi ne pas l'exploiter ? En effet, quelle que soit la difficulté, il est prouvé qu'agir avec patience, de manière constructive, nous mène à la solution.
Pourquoi les hommes ne parviennent-ils pas à faire meilleur usage de cette vertu dans la conduite de leur vie ? C'est surtout, parce que cette vertu a trois grands ennemis : le découragement, le drapeau blanc de la reddition qui pousse les gens à abandonner trop vite ; le mécontentement, générateur de colère, qui obnubile le jugement et porte à des actions inopportunes ; la tendance, enfin, à réagir trop vivement, à céder à la panique et à perdre tout son sang-froid.
Comment neutraliser ces trois mauvais génies ?
Premièrement, quand les résultats escomptés ne se concrétisent pas en dépit des efforts courageux et multiples utilisés, puis qu'on commence à se décourager, essayons de nous rappeler ce mot du philosophe pour qui « le génie est une longue patience ». Pensons aussi à Luther Burbank, qui estima un jour à un million le nombre de piquants de cactus qu'il avait retirés de ses doigts au cours des seize années qu'il mit à créer une variété de cactacée comestible pour le bétail. Ou encore à Thomas Edison : lorsque des sceptiques lui demandaient comment il justifiait l'échec de mille expériences pour une seule invention valable, il leur rétorquait malicieusement : « Eh bien, nous connaissons maintenant mille façons de ne pas procéder. »
En un mot, efforçons-nous de ne pas penser aux déconvenues, mais aux récompenses que finissent par apporter la patience et la persévérance.
Deuxièmement, quand la déception commence à nous gagner, repensons à ces paroles que Churchill adresse sans aménité, pendant la guerre, à un général emporté et impatient : « Vous ne dominez pas vos émotions. Ce sont vos émotions qui vous dominent. »
Et, plus que tout, la prière. C'est elle qui favorise le retour de la patience. Toute déception est une manifestation d'égocentrisme, que la prière combat en détournant notre pensée de notre propre personne.
On peut arriver à comprendre la valeur de la patience créatrice de maintes façons. En en entendant parler par un plus sage que soi. En voyant les autres la mettre en pratique. En observant la vie elle-même. Après tout, rien n'a le pouvoir de hâter le lever du soleil, ni d'altérer le rythme des marées. Ces phénomènes ont une patience éternelle dont l'homme, cet être impatient, peut faire son profit, s'il en a la sagesse.
Qui que vous soyez et où que vous soyez, le principal est d'aspirer à la patience et de chercher avec persévérance à l'acquérir. C'est une clef du succès dans la vie.

Sylvain THOMAS
Le succès dans la vie politique est fonction d'un ensemble d'éléments. À nos politiciens, on conseille de commencer par mettre le temps de leur côté, calmement, sciemment, en tirant leurs plans et en les planifiant.Qu'ils étudient leurs opposants ; qu'ils cherchent à comprendre leurs mobiles. Qu'ils se mettent à leur place ; qu'ils leur fassent comprendre que, sur le plan individuel, on les trouve sympathiques, les uns comme les autres. Quand ensuite ils trouveront que le moment sera venu où ils éprouveront pour eux de l'amitié et de la confiance - ce qui ne manquera pas de se produire -, ils pourront peu à peu leur faire accepter leurs idées. Il y a dans la patience une force considérable. Pourquoi ne pas l'exploiter ?...
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