On va prendre l'exemple simple et le plus courant de la recherche d'un emploi. Sans nier les compétences, ni le niveau d'éducation des uns et des autres, tout le monde n'entre pas nécessairement grâce à son CV surdimensionné ou parce qu'il a brillé à l'occasion d'une entrevue. Évidemment, il y en a qui vous feront croire qu'ils ont été recrutés alors qu'ils étaient encore à la faculté ou bien en envoyant un CV et parce qu'ils ont fait de très hautes études ou une spécialisation que même le directeur du FMI, du haut de son agrégation d'économie, n'a pas réussi à obtenir.
C'est drôle, car j'ai essayé ce système plusieurs fois et bien que j'ai brillé dans maintes entrevues, je ne me suis jamais vu promettre des postes 5 étoiles. Pourtant, les autres, on les embauchait, alors qu'ils avaient souvent des qualifications moindres, avec des salaires sans aller jusqu'a dire mirobolants (bien que parfois ils l'étaient), largement plus confortables que le mien. Je n'en revenais pas. Puis, vu que comme tout Libanais je suis d'un naturel curieux, je découvrais que le nouveau surdoué nouvellement embauché connaît « quelqu'un de très important ». Bien entendu, il est hors de question d'évoquer le nom de ce sésame de la réussite. D'ailleurs officiellement, le surdoué n'a été embauché que grâce à ses diplômes et à ses hautes qualifications.
Vous me direz que ça arrive partout et que ce n'est pas parce que nous sommes dans un pays où les relations jouent qu'on obtient de tels postes. Il est clair également que tout dépend de la relation en cause, voire du carnet d'adresses de papa, s'il en a un. Alors de deux choses l'une : soit la relation, appelée vulgairement piston, a la compétence nécessaire pour vous introduire dans l'entreprise choisie et après, on se débrouille car évidemment le salaire n'est pas conforme à ce que vous espériez, ce qui constitue une majorité de cas ; soit le piston jouit d'une compétence telle que vous vous retrouvez propulsé à un poste auquel vous n'auriez jamais espéré accéder et avec un salaire aussi surdimensionné que le CV. Et c'est là l'injustice ! Quand on voit deux personnes avec le même niveau de qualifications atterrir à deux postes qui n'ont aucun lien, le premier au bas de l'échelle avec tous les inconvénients que cela comporte et le second à un poste confortable, on est en droit de s'interroger sur les critères d'embauche au sein de l'entreprise en question.
Je ne fais que soulever un problème récurrent. Un exemple encore plus flagrant est celui de deux employés, avec le même niveau de qualifications, qui ont été engagés au même poste mais avec deux salaires aux antipodes l'un de l'autre. Étonnant non ?
Je ne nie pas l'importance du relationnel dans tout ce qu'on doit entreprendre, à condition qu'il soit utilisé à bon escient. Tout est basé sur les relations, autant en affaires que dans d'autres domaines, tels les loisirs parfois. La qualité du relationnel est ultra-importante. Récemment, je suis tombé sur un article où l'on disait que Barack Obama avait un fichier comportant plus de 13 millions d'adresses e-mail. Les relations restent donc primordiales, même pour la marche d'un pays. Cela dit, il y aura toujours des injustices et les injustices sont les privilèges des autres. Les relations obéissent à ce principe aussi car plus la relation est cotée et bien vue, plus le bénéficiaire du service demandé aura la chance d'obtenir ce qu'il veut.
Je ne nie pas le mérite de certains, arrivés grâce à leurs efforts ou sur base d'un CV important. Au Liban, hélas, cela ne représente pas la majorité des cas.
Finalement, le principe du relationnel régira encore et toujours nos vies tant que nos intérêts entreront en jeu, quitte à ce que ce soit au détriment de ceux des autres.


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